Réactifs, opportunistes, informatifs, ou même drôles, les professionnels du secteur commencent à proposer des solutions, ou à diffuser les informations utiles pour parer au confinement en cours.

Depuis le dimanche 15 mars, les jardineries doivent fermer, avait annoncé la féderation des jardineries FNMJ suite aux annonces du 1er ministre le 14 mars. En faisant du lobbying auprès du ministre de l’Economie, les animaleries (et magasins avec alimentation pour animaux) ont obtenu le droit d’ouvrir ce rayon, mais avec des mesures strictes de comportement et de respect des « mesures barrières ».

Un arrêté au 15 mars du ministère des solidarités et de la santé précise que les entreprises de location et location-bail de machines agricoles voient leurs services maintenus.

Les fournisseurs d’équipements pour les producteurs (horticulteurs, fleuristes…) et du paysage ont le droit de circuler, confirmait un message de l’interprofession Val’hor.

L’Unep-entreprise du paysage a mis en accès libre ses recommandations concernant cette activité : la fermeture n’est pas obligatoire, le confinement n’est pas imposé, des décisions officielles sont en attente… Pour en savoir plus sur les aides, les attitudes à suivre concernant le travail et les salariés… : www.lesentreprisesdupaysage.fr module L’unep vous informe #COVID19

Donation, solidarité, dépose au portail…

Pour éviter de jeter purement et simplement des plantes au stade prêt à planter qu’il n’a pas la place de conserver dans son site, Le jardin de Balgan, à Séné (56) a proposé des plantes « en donation », sur son parking. L’entreprise a aussi mis en place une boîte « solidarité ».

Les fleurs de Cassel, à Isigny-Le-Buat (50) ont utilisé la dépose de fleurs coupées devant le portail. Jusqu’à ce mardi matin, quelques clients sont venus, par solidarité, mais la petite entreprise de production cherche des solutions pour commercialiser les 3 500 tulipes qui arrivent dans les 15 jours, ainsi que les freesias et renoncules qui ne vont pas tarder. Après les 3 mois d’hiver sans production, et une tempête qui a sévi il y a 15 jours, c’est un gros coup dur.

Pour lutter contre le gaspillage, le magasin Hortelli (petits jardins et beaux objets) à Angers, proposait, jusque ce mardi midi, une « démarche de solidarité » : des végétaux à tarif réduit, pour continuer de jardinier et prendre soin de son environnement. Et aussi pour pouvoir proposer une activité aux enfants confinés. « Des clients sont venus toute la matinée », relate Clémentine Bergue, mais pour la suite ?

Dès ce mardi 17 mars, la fédération Fleurs de France incitait ses adhérents fleuristes a bien veiller à leur trésorerie qui, « sans chiffre d’affaires, sera rapidement en tension. Sinon, il est indispensable d’activer l’ensemble des dispositifs d’aide » annoncés par le ministère du Travail. Le conseil vaut pour nombre d’entreprises.

Le web, une solution pour la vente ?

Les fleuristes ont le droit de livrer et d’utiliser la vente à distance, avait précisé Bruno le Maire, ministre de l’Economie. Nous essaierons de voir comment cela peut s’appliquer avec les nouvelles consignes de ce lundi 16 mars.

D’emblée, Promesse de fleurs, spécialisée dans la vente à distance, annonce poursuivre ses activités normalement, malgré le stade 3 de l’épidémie, mais avec des mesures d’hygiène renforcées. Elle a fermé son drive mais a augmenté sa capacité de livraisons de commandes de 1 500 à 2 000 par jour. Expéditions par Chronopost, ou via France Express pour les colis volumineux.

Le jardin de Balgan, à Séné (56) proposait initialement un drive pour livrer sur place - sans contact – ses plantes et ses « kits de fleurs », essentiellement des plants de légumes et aromatiques.

Qu’est-il désormais possible depuis que tout déplacement non vital est interdit ?

En attendant des précisions, les sites web et les newsletters permettent aux entreprises de communiquer auprès de leur clientèle.

Le web, une solution pour s’informer

Le confinement peut se révéler une excellente occasion de continuer à s’informer/se former, préparer ou constituer des dossiers...

. Mardi 24 mars, de 11 h à 12 h 30, un webinaire est proposé pour faire le point sur l’appel à projet du concours d’innovation I-Nov. Annoncé par l’Ademe, ce concours cofinance des projets en R&D et innovation entre 600 000 et 5 millions d’euros. Il s’adresse à des start-ups, des PME… Parmi les 4 thèmes, figurent « Agriculture éco-efficiente » et « Eau et biodiversité ». Attention : clôture le 12 mai. Renseignements sur www.mb.france-innovation.fr ;

. Une formation « Risque routier lors des déplacements professionnels » est annoncée le 7 avril, à 11 heures. Elle est organisée par l’institut INRS dans le cadre de ses « Rendez-vous Travail & Sécurité » Pour s’inscrire : www.travail-et-securite.fr

Et pour les écoles ?

La DGER (ministère de l’agriculture) annoncera, quand il sera nécessaire, ses annonces officielles sur le site https://chlorofil.fr:covid-19 sur lequel figurent notamment « l’organisation de la continuité du service », et « le plan de continuité de l’activité et des apprentissages », avec des tutoriels.

Les CFA, centre de formation par apprentissage, sont incités à recourir à la formation à distance, le ministère du travail devant mettre en place prochainement des outils pour les accompagner. Reste à voir comment vont se dérouler les périodes de pratiques en entreprise, pour celles qui sont fermées.

Et pour sourire…

Pour démarrer la situation de crise avec le sourire, un peu de dérision aussi, le fleuriste Lyonnais Pascal Phaner, Meilleur Ouvrier de France, fait parler sa créativité, avec des masques en feuillages ou fleuris, et même des bouquets très variés en forme « virus floraux »… sur son compte Facebook et via #FLOWERCORONA #pascalphaner.

Vous lancez des initiatives, de la solidarité. Vous avez des astuces, ou de bonnes informations pendant la crise : notre équipe du Lien horticole reste à votre disposition.

Pour nous contacter via le formulaire du site web du Lien Horticole :

. rédaction en chef, sujets paysage, commercialisation, autres : Pascal Fayolle ;

. végétaux, emploi-formation, agenda : Odile Maillard ;

. Technique, ravageurs et maladies : Léna Hespel ;

. Web, vidéo et réseaux sociaux : François Arnould

Odile Maillard