En début de semaine 11, le désormais célèbre Covid-19 prêtait à sourire. En début de semaine 12, il a plongé toute la planète dans l’angoisse. Le 11 mars encore, on pressentait que la situation sanitaire était grave, que l’économie n’allait pas sortir indemne de la pandémie, mais on n’en était guère qu’à se demander si des magasins ne pourraient pas en venir à fermer leurs portes momentanément (notre édito de notre édition papier d’avril, que vous recevrez… la semaine prochaine et qui vous paraîtra bien dépassé !) ? Le lendemain, le président de la République intervenait à la télévision pour demander aux Français de prendre des premières mesures qui n’ont pas été, il faut bien le dire, parfaitement suivies. Trois jours plus tard, les magasins hors alimentaire sont fermés. Cinq jours plus tard, la plupart des Français mais également des autres pays européens sont enfermés chez eux. Le tout pour une durée indéterminée. Au moins jusqu’à la fin de la semaine prochaine, a-t-il été annoncé. On sait que le bail sera plus long.

C’est désormais officiel, la crise sanitaire sera doublée d’une crise économique. Les économistes qui tablaient, pour la France cette année, sur une croissance de l’économie de plus de 1 %, parlent désormais d’une prévision de récession d’un montant similaire.

Notre secteur impacté au mauvais moment

Soyons clairs, cette annonce n’est qu’une première étape car une chose n’a pas changé depuis le début de la semaine 11 : personne ne peut dire exactement combien de temps durera le confinement. Il semble se dessiner en Italie un début d’amélioration après 3 semaines de confinement dans les premières régions touchées. Il y a fort à parier que l’on soit partis pour une telle durée suivie d’une période de confortement de l’amélioration non négligeable… La crise économique pourrait donc s’avérer plus profonde que prévu.

A l’heure actuelle, les jardineries ne peuvent vendre que les produits du rayon animalerie et ont dû fermer les autres rayons des magasins. ©François Arnould

Notre secteur sera impacté bien plus profondément que de nombreux autres : si quelques jours d’arrêt des ventes en mars auraient eu des conséquences non négligeables mais limitées, se passer des ventes d’avril pourrait s’avérer mortifère pour bien des entreprises. La fermeture brutale des jardineries et des fleuristes dès le 15 mars a brutalement tari les débouchés des dernières séries de bisannuelles, voire des séries précoces d’annuelles. Sans perspective d’amélioration dans l’immédiat. A l’heure actuelle, les jardineries ne peuvent vendre que les produits du rayon animalerie et ont dû fermer les autres rayons des magasins (notre photo). Les producteurs tentent de sensibiliser la grande distribution alimentaire, qui reste ouverte, à la nécessité de soutenir l’économie locale. A Angers, Guillaume Froger a lancé un appel en ce sens dans la presse locale (Ouest France). Il est certains qu’une partie au moins des stocks de végétaux présents dans les magasins finiront au compost, tout comme certaines productions chez les horticulteurs. Quelle seront les quantités qui devront être détruites ? Avec quelles conséquences sur la vie des entreprises ? Il est trop tôt pour le dire, mais à coup sûr, le printemps 2020 s’annonce comme un printemps difficile et pour des raisons autres que climatiques.

Pascal Fayolle