La pandémie COVID-19 a fortement impacté et perturbé le secteur et le marché des fleurs et plantes vivantes de l’UE depuis début mars 2020 : c’est le constat dressé par les quatre organisations représentant les différents segments du secteur dans l’Union Européenne, Union Fleurs pour les fleurs coupée, ENA pour la pépinière, AREFLH pour les fruits, légumes et produits horticoles et enfin COPA-COGECA qui regroupe des syndicats agricoles. Ces quatre entités ont uni leurs forces et mobilisé leurs organisations membres dans les États membres de l’UE pour collecter des contributions structurées afin de mesurer l’impact exact de COVID-19 sur le secteur pendant le pic de la crise en mars et avril 2020. En tout, 33 contributions de 17 pays de l’UE ont été reçues au cours du mois de mai.

10 % de la valeur annuelle du marché perdus

Le rapport d’enquête unique fourni le 16 juin dernier représente une première mesure de l’impact économique réel de COVID-19 sur le secteur européen des fleurs et plantes vivantes dans son ensemble. Selon ce rapport, « les pertes signalées pour le secteur dans l’UE ont atteint un total estimé à 4,12 milliards d’euros en mars et avril 2020 dans 17 pays de l’UE dans les 4 sous-secteurs des fleurs coupées, des plantes en pot, des bulbes et du matériel de pépinière, représentant près de 10% du valeur totale annuelle du marché de l’UE. Cette première estimation démontre clairement l’impact brutal que la pandémie et les mesures de confinement mises en œuvre dans toute l’UE ont eu sur le secteur pendant le pic de la saison du printemps. Ces pertes ne seront jamais récupérées et devront être absorbées par les milliers d’entreprises du secteur des fleurs et plantes vivantes dans l’UE. Associé à l’absence d’une réponse uniforme et coordonnée à ce jour de la part des gouvernements nationaux de l’UE, cela renforce encore la nécessité d’un soutien financier de l’UE plus significatif et direct au secteur ».

Un soutien européen réclamé

Les 4 organisations ont transmis ce message fort à la direction générale de l’Agriculture de la Commission européenne. Les représentants du secteur ont souligné que l’absence jusqu’à présent de soutien financier au niveau de l’UE n’a pas assuré les meilleures conditions pour la viabilité de la production et des structures de marché dans l’UE à l’avenir : «Comme la situation du marché est globalement loin d’être encore normalisée malgré un redémarrage des activités dans la plupart des pays de l’UE depuis mai, les perspectives restent incertaines pour le secteur. Un soutien financier coordonné au niveau de l’UE continue d’être activement demandé, afin de préserver l’intégrité du marché unique de l’UE et de garantir un environnement opérationnel équitable dans toute l’UE sans risquer de distorsion de concurrence sur le marché ».

La Commission européenne, bien qu’elle reconnaisse clairement que le secteur européen des fleurs et des plantes vivantes a été le secteur agricole le plus touché par la crise du COVID-19, a encouragé le secteur à solliciter un soutien via le niveau national auprès du prochain fonds européen de prochaine génération de 750 milliards d’euros - soutenant que le budget agricole de l’UE lui-même ne peut pas être mobilisé pour fournir un soutien direct à ce secteur ou à tout autre secteur agricole. Les représentants du secteur ont également souligné la nécessité d’un budget spécifique pour la promotion des fleurs et des plantes vivantes dans le cadre du programme de promotion de l’UE. Une réunion de bilan a été convenue avec la Commission européenne pour la fin de l’année afin de faire le point sur la situation du secteur avec l’année 2020 en perspective.

Pazcal Fayolle