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Fleurissement Il n’est pas si cher au regard du service rendu

Les Assises régionales du fleurissement de la Région Centre, à Chartres (28), ont été l'occasion de se pencher sur les coûts du fleurissement.

 

A Aubigné-sur-Nère (18), le fleurissement coûte « à peine plus cher que la piscine municipale ». Et il profite à tous. C'est le point de vue de M. Fromion, maire de la commune. Un converti, comme il se définit lui-même. Au départ, ce sont plutôt les techniciens des espaces verts qui ont lancé la dynamique, obtenant les premières fleurs avec peu de moyens. Ils ont ensuite négocié un budget plus conséquent et la commune de 6 000 habitants qui dispose d'un patrimoine remarquable a fini par accéder à la 4e fleur. Mais c'est « à la troisième fleur que la villa a vraiment commencé à changer, comme un papillon sortant de sa chrysalide. L'évolution a été esthétique, bien sûr, mais aussi perceptible dans l'état d'esprit des habitants. Le fleurissement fait vivre le patrimoine, la ville est plus agréable, supprime les tensions ». Le converti l'est à vie, semble-t-il !


Serge Féron, responsable du fleurissement de Château-Gontier (53) a déjà eu l'occasion d'expliquer comment il a limité les coûts du fleurissement en divisant par 3 les quantités de fleurs utilisées pour embellir la ville, tout en gardant un niveau de qualité reconnu (Lh n° 740 du 16 février dernier). Pour les Assises, il a parcouru ses archives pour chiffrer précisément les évolutions de gammes. Nous aurons l'occasion d'y revenir plus en détail dans une prochaine édition. Mais dans les grandes lignes, la comparaison des millésimes 1991/2001 et 2011 permet de voir, par exemple, que la production de géranium lierre par la ville est passée de 29 600 à 8 100 puis à 930 cette année, que la diversité de la palette végétale utilisée a cru entre 1991 et 2001 puis a très légèrement régressé, ou que le temps passé par le service des espaces verts au fleurissement et à la production végétale est passé de 9 800 heures en 1991 à 9 250 en 2011 en passant par près de 11 000 en 2001, alors que le temps total d'heures travaillées par le service et en constante augmentation. En 1991, le service passant 37 % de son temps à fleurir au sens strict, près de 39 % en 2001 et seulement 30 % aujourd'hui.


Pour enrichir ces assises, l'ARF, Association régionale du fleurissement, a mené une enquête pour connaître les coûts du fleurissement. 405 communes y ont répondu, comptant essentiellement moins de 3 000, habitants (306), mais aussi 50 communes de 3 à 10 000 habitants, 25 de 10 à 30 000, 7 de 30 à 50 000, 10 de 50 à 100 000 et 7 de plus de 100 000 habitants. C'est Roland-Marie Marceron, qui dirige le service des espaces verts de Bourges (18) qui s'est chargé de présenter les résultats de ce travail. Il a rappelé que la masse salariale représente plus de 50 % du budget de fonctionnement des communes et que ce ratio est de 80 % pour les espaces verts. A Bourges, 12,7 % du travail des jardiniers hors production est consacré au fleurissement au sens strict. Mais seules 72 % des communes de moins de 3 000 habitants connaissent le temps que leurs agents passent dans les massifs. Et surtout, seules 52 % connaissent leurs surfaces fleuries ! Ce qui laisse rêveur quant à la manière dont sont passées les commandes. En moyenne, ces petites communes, achètent pour 3 700 euros TTC par an de végétaux et 2 600 euros TTC d'intrants. Parmi les villes de plus de 3 000 habitants, 91 % pensent que la tendance vers du fleurissement durable à base de vivaces et d'arbustes va perdurer et 62 % veulent conserver un fleurissement aérien. 20 % des habitants demandent des murs végétalisés, 73 % des toitures vertes. Le fleurissement de printemps reste plébiscité par 92 % des responsables de services espaces verts, mais celui d'automne à partir de chrysanthèmes n'est défendu que par 51 % d'entre eux...

Au final, le fleurissement coûte en moyenne 13 euros par habitant et par an dans les communes de 3 à 10 000 habitants pour seulement 3,9 euros dans les villes de plus de 100 000 âmes. Pour l'ensemble des espaces verts, le coût moyen est de 56 euros par an et par habitant, toutes catégories de municipalités confondues.


Les exposés se sont conclus par une intervention de Bernard Delorme, responsable du service des espaces verts de Thonon-les-Bains (74). Il a insisté sur la nécessité de parfaitement connaitre son patrimoine et ses coûts de gestion pour pouvoir gérer un service efficacement. Pour lui, aujourd'hui, des marges de manœuvre existent encore dans les services espaces verts de ville. Il appelle à la précaution concernant les bacs à fleurs qui lui coûtent 375 euros par an (1 700 euros d'achat amortis sur 10 ans, soit 170 euros par an avant de commencer à parler de plante ou de substrat...) mais assume un fleurissement d'automne à base de chrysanthèmes, très cher, mais qui ne rencontre aucun obstacle ni des élus, ni des habitants. Mais il ne faut pas oublier que le fleurissement c'est aussi le champ de colza à la sortie de la ville, qui ne coûte rien. La gestion différenciée reste l'arme indispensable pour piloter le service au plus près. Il dispose dans sa ville de 7 catégories. En classe 1, le coût annuel du m2 est de 15,8 euros, 7,92 en classe 2, 3,96 en classe 3, etc. Si demain il faut faire des économies, pas de doutes, il faut faire descendre certains espaces de classe, et le tour est joué...

 

P.F.

Publié le mercredi 05 octobre 2011 - 10h23

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