Les enseignants de notre secteur ont rencontré les mêmes problèmes que ceux de l’enseignement général.
A la question « Depuis mars 2020, quels obstacles, quelles contraintes et difficultés majeures rencontrez-vous ? », les aspects technologiques les plus fréquemment rencontrés par celles et ceux qui ont répondu à notre enquête sont nombreux : pas ou peu de matériel adapté à domicile (téléphone fixe, imprimante, smartphone, informatique…), sites web référents non accessibles, méconnaissance de la visio- ou audio-conférence, lenteur des connexions, ordinateurs partagés par la famille…
Rares sont les enseignants à l’aise et qui maîtrisaient bien d’avance les outils, systèmes et moyens de communication pour joindre, travailler et échanger. En cause : un manque de préparation, et même de formation, à la fois pour travailler à distance (profs, élèves, administration) et pour travailler en autonomie (apprenants). D’où une difficulté de suivi du travail et des apprentissages.

La première quinzaine a été très stressante et il a fallu s’organiser. Les réseaux sociaux ont pu parfois compenser les difficultés de connexion Internet.

Décrochage matériel et difficulté de motivation

L’absence totale de contacts avec certains élèves, ou parfois le manque de responsabilités des parents reviennent dans les réponses. Mais aussi la difficulté de maintenir motivation et assiduité.

Par ailleurs, si certains apprenants étaient confinés, d’autres ont poursuivi leur apprentissage, donc sont allés en entreprises, avec parfois des heures supplémentaires, d’où une moindre disponibilité pour l’école à distance.
La fracture numérique, parfois nommée « décrochage matériel », s’est révélée dans toute son ampleur, générant aussi du découragement, même chez les stagiaires adultes.
Parfois, les enseignants ont jugé qu’il valait mieux « rester sur la routine », ont opté pour des révisions… pour ne pas perdre les élèves.
Le confinement a, plus encore, supprimé les TP et autres apprentissages pratiques et techniques professionnelles, « la vidéo ne remplaçant pas un vrai cours in situ ».
Est notée, mais très peu souvent, la charge de travail supplémentaire, alors qu’elle a forcément été maximale, notamment par la démultiplication des efforts pour tenter de rester en contact avec chaque élève !

Reste quelques situations plus confortables (une seule dans nos témoignages) : « Grâce à un projet digital ambitieux initié depuis plusieurs années à l’Institut de Genech (dans le Nord), la bascule de la formation du présentiel en distanciel s’est faite assez naturellement, en 48 h. Nous sommes fiers de n’avoir aucun décrocheur après 6 semaines de confinement »

Quid des acquis, des examens, des futurs recrutements

Au moment du questionnaire, il y avait encore beaucoup d’interrogations pour les acquis réels pendant le confinement, et pour les examens, d’autant que les élèves sont le plus souvent tentés de travailler uniquement pour les modules de contrôle continu.
Et « nous regrettons fortement le choix de l’administration de nous interdire les stages, surtout au printemps (manque de pratique), mais aussi les évaluations qui sont des éléments essentiels de formation», assure une enseignante tandis qu’une collègue insiste sur « la suppression des journées portes ouvertes ne permettant pas de valoriser le travail de nos élèves ni le recrutement dans cette filière qui a en bien besoin, sans oublier la suppression des Olympiades des métiers, l’annulation du voyage d’étude aux Pays Bas tant attendu par nos jeunes… ».

A noter : le second volet de ce sondage sera restitué dans le Lien horticole n° 1096 de juin 2020, en rubrique formation : « les adaptions et innovations trouvées par les écoles en situation de confinement dû à Covid-19 ».

Odile Maillard

Pour en savoir plus :

. Modalités d’examens en 2020 ici
. Les lycées dans le l’incertitude et dans le flou