Moins pire que la seconde quinzaine de mars avec ses premières semaines de confinement mais en baisse très significative par rapport à avril de l’an dernier qui lui-même était un mauvais mois, en baisse de 17 % par rapport à avril 2018 : tels sont les enseignements que l’on peut tirer du communiqué de la FNMJ qui fait le point sur la situation dans les jardineries pour le mois d’avril de cette année. Rappelons que jusqu’au 7 avril, les jardineries ne pouvaient vendre que de des plants maraîchers en plus de l’alimentation pour les animaux dont les ventes sont restées autorisées pendant tout le confinement. Ce contexte amputé d’une semaine pleine, fait dire à la FNMJ que la mesure a permis de « limiter quelque peu la casse ». Les ventes ont néanmoins connu un recul de 39 %. En cumul depuis janvier, le recul des magasins est de 34 %. Seul le secteur des bulbes, plants et semences, considéré comme produit de première nécessité, a connu une hausse de près de 18 %. A noter que l’ensemble de ces chiffres traduisent assez bien ce que l’on a pu observer et publier dans notre édition papier de mai du Lien horticole que nos abonnés viennent de recevoir.

Des consommateurs recentrés sur l’essentiel

Plus en détails, le chiffre d’affaires moyen par magasin s’est limité pour avril à 371 227 euros, en baisse donc de 38,8 % précisément. Le nombre moyen de tickets de caisse a chuté de près de 58 %, à 5 865 euros, le panier moyen est en hausse de 45 % à 63 euros. C’est là aussi assez en phase avec ce que rapportent les commerçants confrontés chaque jour au quotidien du marché.

La pépinière et les plantes à massifs ont connu un retrait comparable de 49 % par rapport à l’année précédente, les végétaux d’intérieur plongeant pour leur part de plus de 75 % ! Dans le non végétal, les produits pour le jardin chutent peu, 13 % seulement par-contre les contenants (- 48 %) subissent une grosse chute, la décoration extérieure et les loisirs au jardin plongeant littéralement de près de 60 %. Il semble que les consommateurs se soient recentrés sur l’essentiel, des plantes et avant tout des plantes vivrières. C’set là aussi raccord avec les différentes enquêtes que nous avons pu mener et publier en avril.

Par-contre, c’est le quart nord-est de la France qui voit son marché chuter le moins, 31 % de baisse alors que le sud-ouest, moins touché par la pandémie, voit ses ventes chuter de 42 %. Un constat peut-être lié au fait que le marché démarre toujours plus lentement dans l’est de la France ? En cumul depuis le début de l’année, le différentiel de chiffre d’affaires entre cette année et l’an dernier dans les deux régions est moins significatif que sur le seul mois d’avril…

Reste que c’est avec les chiffres de mai que l’on sera vraiment fixés sur le bilan de cette saison atypique et pour l’instant pour le moins extrêmement tendue.

Pascal Fayolle