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Palmiers La recherche se mobilise pour les sauver

 papillon de Paysandisia archon. ©Laurence Ollivier, Cirad

La 3e réunion scientifique du projet européen Palm Protect, organisée au Cirad de Montpellier(34) pour les élus et professionnels, s'est conclue sur un colloque le jeudi 30 mai 2013.

Après le colloque international organisé par l'Association française de protection des plantes, à Nice (06) en janvier, les ravageurs des palmiers ont de nouveau fait l'objet d'une réunion scientifique en mai dernier, cette fois-ci dans l'Hérault, dans le cadre de Palm Protect. Ce projet de recherche (2012-2014), financé par l'Europe dans le cadre du 7e Framework, regroupe 13 partenaires internationaux. L'objectif est d'améliorer les connaissances afin de développer des méthodes de détection fiables, d'éradication et de contention de deux ravageurs invasifs : le charançon rouge Rhynchophorus ferrugineus et le papillon Paysandisia archon.

Vers une situation de non-retour
Les larves de Paysandisia et de Rhynchophorus constituent de véritables fléaux pour les palmiers dattiers et ornementaux de la région méditerranéenne. Le nombre de foyers ne cesse de croître, notamment ceux du charançon en Italie, en Espagne et en France.
Le contrôle reste insuffisant et compliqué par la difficulté de détection des ravageurs à l'intérieur des stipes, les contraintes réglementaires (homologations) et les échanges commerciaux. En Espagne, les pertes estimées sont de l'ordre de plus de 100 000 palmiers pour un coût supérieur à 45 millions d'euros, rien que pour tenter de contrôler et d'éradiquer les ravageurs.
Le « Work Package V » du programme Palm Protect vise, d'ailleurs, à dresser un état des lieux en Europe, et l'impact potentiel aussi bien en termes de pertes de palmiers qu'économiques. En Paca, Languedoc-Roussillon et en Corse, les abattages laissent des vides dans le paysage, et des associations comme Sauvons nos palmiers ou les Fous de palmiers tirent la sonnette d'alarme, les mesures de lutte s'avérant insuffisantes pour enrayer la propagation des ravageurs(1).

Améliorer les connaissances pour affiner la lutte
Les stratégies de lutte combinent des mesures de détection par piégeage (pour le charançon), d'abattage des palmiers contaminés, d'assainissement, et des traitements préventifs.
En France, outre les pulvérisations foliaires (de nématode Steinernema carpocapsae, de produits chimiques(2)), l'injection d'imidaclopride (endothérapie) a été autorisée en zone expérimentale pour Rhynchophorus.
L'émamectine benzoate, molécule à longue persistance d'action (un an), n'a pas encore été homologuée pour cet usage.
Le champignon entomopathogène Beauveria bassiana (Ostrinil) est autorisé contre Paysandisia archon uniquement.
Didier Rochat, de l'Inra de Versailles, responsable du « Work Package II » dédié à la recherche sur la biologie des ravageurs, insiste sur la nécessité d'apporter des connaissances fiables pour affiner la lutte : capacité de déplacement des adultes, cycle de développement sous notre climat, gamme d'hôtes, recherche de composés odorants et de parasitoïdes...
Par exemple, les tests en laboratoire ont montré que le charançon a une capacité de vol optimale de 15 à 45 jours et peut parcourir 200 km cumulés. L'hiver méditerranéen ne fait que ralentir son développement. Des molécules odorantes renforçant l'effet des phéromones (synergistes) seront bientôt testées sur le terrain...
Pour Paysandisia, la phéromone impliquée dans le dialogue chimique initié par le mâle devrait permettre, d'ici la fin du projet, la création d'un piège adapté à ce grand lépidoptère. Ce piège pourrait être orange, puisque le papillon s'avère particulièrement sensible à cette couleur (au contraire du charançon qui ne détecte pas les couleurs).

Un appel pour récupérer des spécimens
L'unité de recherche « Bioagresseurs : analyse et maîtrise du risque » du Cirad est associée à l'Inra de Versailles pour étudier la biologie et le comportement de Paysandisia archon. Depuis quelques semaines, les chercheurs sollicitent toutes les personnes de la région de Montpellier qui détruisent leur(s) palmier(s) infestés et condamnés par ce ravageur, afin de récupérer larves et cocons pour leurs observations(3). En 2012, 1 000 spécimens avaient pu être récupérés auprès de 200 particuliers.
Palm Protect se subdivise en différents autres groupes de travail, dont l'un dédié à la détection (visuelle, olfactive - chien -, thermique) et à la création d'outils d'aide à la décision.
Le « Work Package IV » dirigé par Josep Jacas (Université de Jaumé, Espagne) a, dans un premier temps, évalué l'ensemble des méthodes de contrôle existantes ; un compte-rendu est disponible sur le site de Palm Protect.
L'année 2013 est consacrée à l'élaboration de procédés de quarantaine (phosphure d'aluminium...).
Des essais visant à améliorer les méthodes de lutte (chimiques, biologiques, sémiochimiques, lâchers d'adultes stériles...) sont en cours, avec notamment de nouvelles molécules (protéines de fusion...) et des traitements combinés.
La technique d'endothérapie est actuellement affinée en Espagne : diminution du nombre de trous d'injection, détermination de la juste dose et du calendrier de traitement...
Le symposium biennal Dies Palmarum, du 5 au 7 décembre 2013 à Sanremo (Italie), constituera une prochaine occasion de faire le point sur les systèmes de prévention et de lutte contre les ravageurs qui menacent les palmiers.

(1) Voir notamment « Charançon rouge du palmier : l'injection en mesure d'urgence » publiée le jeudi 24 mai 2012 sur www.lienhorticole.fr
(2) Trois néonicotinoïdes, dont le thiaméthoxam et l'imidaclopride, seront restreints d'usage en traitement foliaire à compter du 1er décembre 2013.
(3) palmprotect@cirad.fr

 

 

V.V.

Publié le mercredi 26 juin 2013 - 16h30

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