Jeudi 7 mai, les responsables du jardin-pépinière de Berchigranges* espéraient encore avoir le droit d’ouvrir – enfin, pour la première fois cette année - à partir du 11 mai, prêts à accueillir leurs visiteurs après un « confinement » prolongé. Ce jardin rassemble des collections de plantes botaniques, anciennes, résistantes au froid.

Jardin privé… considéré comme un jardin public

« Mais, à l’heure de la confirmation du « déconfinement » prévu pour nombre d’activités suite à nos dernières infos, nous sommes désolés de dire que notre jardin privé recevant du public est considéré comme un jardin public et ne pourra ouvrir le 11 mai comme nous vous l’avions annoncé.
Nous sommes un peu désemparés et très tristes de cette nouvelle.
Nous nous excusons de vous avoir, dans notre enthousiasme, fait penser le contraire ».

Comme les pépinières ont déjà réouvert par endroits, certaines depuis un moment, les jardiniers vosgiens « envisagent d’ouvrir leur pépinière «Un Jardin de Cottage», attenante au jardin qui se visite.
La pépinière sera ouverte « sur rendez-vous uniquement ».
Pour le jardin, nous attendrons les consignes...
Merci de votre compréhension. Gardez vous bien », confient Monique et Thierry Dronet qui appellent leur clients et visiteurs à diffuser une lettre ouverte « à nos dirigeants »…

Laissez-nous sauver nos entreprises !

« Les jardins privés ouverts au public sont assimilés aux parcs et jardins publics. Ils sont donc interdits d’ouverture quand ils sont en zone rouge [NDLR : le département des Vosges et sa montagne figurent en zone rouge post-confinement, comme la région Grand Est].
Mais, contrairement aux parcs publics entretenus par l’État ou les communautés, ils sont financés par les entrées de jardin, le travail des propriétaires, des jardiniers.
La plupart de ces lieux ne font aucun chiffre d’affaires en hiver, entre octobre et fin mars.
En raison du confinement, avril est perdu, mai est en passe de l’être.
Il restera 4 mois pour espérer faire des réserves de trésorerie pour permettre de tenir l’hiver.
Vu les circonstances, on sait bien que les conditions ne sont pas réunies pour que l’été qui vient soit prospère.
Empêcher les jardins privés d’ouvrir dès maintenant, c’est les condamner à la disparition.

Pourquoi est-il plus risqué d’attraper un virus lors d’une déambulation dans un jardin au plein air que dans un supermarché, un petit musée, ou dans un salon de coiffure… ?
Pourquoi les propriétaires de jardins seraient moins capables que d’autres d’organiser des visites en respectant les règles sanitaires élaborées par le Comité des Parcs et Jardins de France ?

Pourquoi ne pas prendre les Français, jardiniers ou autres, pour des gens capables de responsabilités, et leur donner leur place dans ce combat contre le virus, mais aussi et surtout contre la crise économique qui vient ?
Pourquoi ne pas considérer les bienfaits apportés par une promenade dans un jardin comme absolument nécessaires et bénéfiques aussi bien physiquement que psychologiquement après cette lourde épreuve du confinement ?

LAISSEZ NOUS NOUS DÉFENDRE. CHAQUE JOUR COMPTE.
Monique et Thierry Dronet, responsables du Jardin de Berchigranges, qui lancent, depuis ce dimanche 10 mai, une pétition sur change.org

*De Granges-sur-Vologne (88)

O. Maillard