Pour soutenir les horticulteurs du territoire angevin, la Jeune Chambre Économique d’Angers et sa région, en partenariat avec la chambre d’agriculture des Pays de la Loire et avec l’appui d’Angers Loire Métropole, a organisé une Fête des fleurs sur le thème évocateur « Du fleurissement contre le confinement », le 10 mai 2020, à la veille d’une date emblématique, celle du « déconfinement ».

Le montage de cet événement - mis en place dans l’urgence ! - est source d’inspiration pour des opérations futures de défense des intérêts de l’ornement.
La Fête des fleurs d’Angers initiée par la JCE (https://jciangers.com/et-si-nous-soutenions-lhorticulture-locale/) n’aurait pourtant pu avoir lieu sans le soutien actif des acteurs de filière, entraînés par la chambre d’agriculture régionale : la FNPHP Grand Ouest, le Bureau Horticole Régional (BHR) et l’Association régionale de la filière horticole ornementale (ARFHO).

Les initiatives porteuses ne naissent pas forcément au sein d’une filière... Celle d’Angers est la preuve qu’il faudra surfer « davantage ensemble » sur le capital de sympathie des végétaux appréciés à leur juste valeur durant la vie quotidienne confinée.

Organiser les relais

La JCE de l’agglomération d’Angers (Maine-et-Loire) avait identifié combien le contexte sanitaire mettait les horticulteurs en difficulté durant leur saison d’activité la plus fructueuse. De là l’idée d’organiser une opération locale et solidaire portée par un groupe projet de 5 membres bénévoles de cette association citoyenne.
Une page facebook ouverte dès le lancement de la manifestation, a assuré le relais vers les habitants.

De son côté, Virginie Boureau, conseillère pour divers projets territoriaux (dont la valorisation des produits locaux et l’agriculture péri-urbaine) à l’antenne Angers Confluences de la chambre régionale a contacté les collectifs de filière.
Elle a relayé, entre autres, le formulaire de participation pour les candidats : jardineries, horticulteurs, fleuristes indépendants.
Il recueillait des informations sur les modes physiques de vente existants (jardinerie ou exploitation ouverte, drive) ou souhaité.

Boutiques éphémères

La liste des points de collecte ou de livraison des plantes et fleurs a été mise à jour en permanence sur la page Facebook.
La dynamique a bénéficié de l’opération « Adopte ton maraîcher » initiée par la ville d‘Angers durant le confinement puisque les commerces non alimentaires et non prioritaires ont élargi leur adoption à des horticulteurs et fleuristes. 70 points de vente furent identifiés, y compris ceux des deux lycées horticoles de la périphérie angevine.
Pour le jour J, les organisateurs ont proposé un programme avec « des événements à vivre 100 % chez vous » : des interludes poétiques, des recettes florales, une leçon de bouquet par une fleuriste, une formation au jardinage par Sicle.
En amont, cette coopérative de paysagistes et jardiniers à vélo, avait proposé des fiches pratiques pour guider l’achat des végétaux sur la page Facebook de la Fête des fleurs.
550 personnes ont aimé la page Facebook et plus de 350 photos ont été transmises par différents réseaux sociaux. Même si certaines étaient simplement prises dans un jardin sans faire suite à un achat solidaire, le regard posé sur le végétal vaut témoignage de son impact.

Ici une photo panoramique de la ville d’Angers, avec le château en avant plan, a été réalisée avec une grande partie des centaines de photos envoyées via les réseaux sociaux.

Quelle pérennisation ?

Pour Virginie Boureau, « compte tenu du contexte et du laps de temps pour préparer l’événement et tout faire à distance, le contrat a été rempli ».

Trois conclusions s’imposent.
S’agissant du soutien financier à la filière, il n’y a certes pas eu une mobilisation massive en termes d’achat et, dès lors, de chiffres d’affaires pour les producteurs. Encore faudrait-il vérifier celui réalisé par les fleuristes.
Pour le 2è objectif – l’identification d’Angers Loire Métropole comme un territoire horticole d’excellence - ce relais de communication du 10 mai 2020 a été un succès.
Enfin, une source de satisfaction indéniable est l’engagement pour un objet commun.
La Fête des fleurs angevine avait été volontairement baptisée « Edition 0 » car les opérations d’une JCE sont des actions flashs montées dans l’esprit d’une transmission(2).

Une suite aurait du sens, moyennant le portage de l’événement par un collectif et l’identification d’un objet précis. Peut-être en étendant le territoire puisque la Fête des fleurs a attiré quelques producteurs du sud de l’Anjou et de Loire-Atlantique. Pourquoi ne pas s’appuyer alors sur « l’Esprit Horticole ® », marque collective créée par des professionnels des pays de Loire et l’Arfho ?

Linda Kaluzny-Pinon

(1) Une JCE a vocation à contribuer au bien-être de la ville et de ses individus par la mise en place de projets d’ordre social, économique, culturel et communautaire.
(2) Après une action flash, une Jeune Chambre Economique transmet son projet clé-en-mains pour une appropriation par d’autres JCE, ou par d’autres collectifs.