Les traditionnelles enquêtes cherchant à décrypter à l’avance les tendances de consommation pour les fêtes donnaient des résultats contradictoires cette année. Selon certaines, les Français dépenseraient moins, leur budget étant contraint par la crise. Pour d’autres, ils devraient piocher dans leur épargne pour se mettre du baume au cœur…
L’essentiel, pour la filière du végétal, est de constater qu’à la mi-décembre les indicateurs sont plutôt bien orientés.

Le battage médiatique réussi par les spécialistes du sapin de Noël pourrait avoir eu un double effet. Il a atteint de façon certaine son premier objectif : amener les pouvoirs publics à autoriser les ventes assez tôt, à la fin novembre, pour que tous les arbres puissent être coupés et expédiés juste à temps. Mais il pourrait avoir eu une incidence plus inattendue : assurer une belle promotion du produit, ceci expliquerait que les ventes soient parfois au-delà des espérances.
Le commerce des plantes fleuries semble plus contrasté, mais beaucoup estiment finalement tirer leur épingle du jeu. L’année 2020 aura été bien difficile, mais pas la catastrophe imaginée en mars dernier.

Vers un effet « sapin de Noël » ?

Reste maintenant à se projeter dans l’avenir. Estimer ce qu’il est opportun de mettre en culture pour le printemps va s’avérer un exercice encore plus difficile que d’habitude : la fin de la pandémie est encore loin et de nouveaux épisodes de confinement ou de couvre-feu restent probables pour un bon moment. L’incertitude planera toujours plus ou moins sur les ventes futures. Mais pour peu que les planètes s’alignent, que les plantes soient retenues comme produits de première nécessité et que les Français persévèrent dans leur envie de jardiner, ces mises en culture a priori risquées pourraient aboutir à de bonnes surprises. Puisque la saison des vœux est arrivée, c’est cette transformation d’une crise en opportunité que la rédaction du Lien horticole souhaite à tous ses lecteurs. Que l’ensemble des gammes végétales puissent bénéficier de l’« effet sapin de Noël » au printemps prochain. Si les voyages restent limités, cette perspective est tout à fait plausible !

Pascal Fayolle