Enquête de l'Office hollandais des fleurs Il reste du chemin pour satisfaire les attentes de durabilité des acheteurs de plantes

Si l’on en croit la récente enquête menées par Kantar à la demande de l’Office Hollandais des Fleurs, les consommateurs ont du mal à transformer leurs intentions d’achat de produits plus responsables en action.
Si l’on en croit la récente enquête menées par Kantar à la demande de l’Office Hollandais des Fleurs, les consommateurs ont du mal à transformer leurs intentions d’achat de produits plus responsables en action. ©Pascal Fayolle

« Le grand public a encore des difficultés à opter pour des fleurs et plantes durables » : c’est ce que conclut l’Office hollandais des fleurs pour son enquête menée auprès des consommateurs.

Partant du principe que « la durabilité est un thème important pour la plupart des consommateurs, en particulier pour les acheteurs de fleurs et plantes », l’Office hollandais des fleurs, organisme chargé de promouvoir la consommation de végétaux, a enquêté à ce sujet dans quatre pays clés, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. L’étude a été confiée à l’organisme Kantar, qui réalise beaucoup de travaux en France sur la consommation horticole, en particulier pour Valhor.

Selon l’OHF, il ressort des résultats que « presque 90 % des répondants aimeraient acheter des fleurs et plantes produites localement, mais seulement un peu plus d’un tiers le font ». Raison invoquée : le manque d’information des consommateurs sur les démarches visant la « durabilité » chez les producteurs, les acheteurs visant surtout « l’achat facile et agréable ».

Selon Kantar, la filière est associée à l’image d’un « produit qui rend les gens heureux ». Les fleurs et plantes sont notamment, pour les répondants, positives pour la planète (24 %) et leur propre santé (20 %). Mais 5 % des personnes interrogées ont une image nettement négative de la branche. « Là où le grand public souhaite opter pour un produit durable, il existe, encore aujourd’hui, un manque de reconnaissance et d’informations exactes », précise l’OHF.

Des attentes différentes selon les pays

Le domaine le plus urgent dans lequel le public attend une action de la part de la filière est la réduction de l’usage des pesticides et engrais chimiques, ainsi que des emballages et déchets (non recyclables). L’accent mis sur l’un ou l’autre de ces aspects varie en fonction du pays examiné. Aux Pays-Bas, c’est la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui est surtout pointée du doigt. Une attention supplémentaire pour l’excédent des emballages (non recyclables) préoccupe clairement les consommateurs néerlandais et britanniques. Le consommateur français verrait d’un bon œil une réduction de la consommation d’eau, qu’il estime excessive. En Allemagne, ce sont surtout les risques sanitaires entraînés par l’utilisation des pesticides et engrais qui inquiètent le public.

Une distorsion entre intention et action

L’enquête montre aussi « qu’il existe encore de grandes disparités entre les bonnes intentions et le comportement effectif du consommateur lorsqu’il s’agit de durabilité. Presque 90 % des répondants indiquent vouloir acheter des fleurs et plantes produites localement s’ils en ont l’opportunité et le choix, mais seulement 36 % le font en réalité. Payer plus pour un produit plus durable ne pose pas de problème à 67 % des personnes interrogées. Mais une fois dans le magasin, 60 % avouent ‒ malgré leurs bonnes intentions ‒ opter tout de même pour un produit moins cher et moins durable. »

« Lorsqu’il s’agit d’emballages durables, il existe également un fossé entre les intentions et les comportements. Au total, 86 % des répondants souhaitent acheter plus souvent des fleurs et plantes avec moins de plastique dans le matériel de décoration et/ou d’emballage. Mais 63 % achètent des fleurs et plantes dans de beaux emballages en plastique. »

Une offre adaptée à développer

Questionnées sur qui doit prendre ses responsabilités, les personnes interrogées répondent de façon à la fois claire et nuancée. Elles pensent en premier lieu à l’ensemble de la filière, mais aussi à leur propre rôle. Les producteurs, détaillants et pouvoirs publics sont mentionnés par quasiment les trois quarts des répondants, et 70 % font amende honorable en évoquant concrètement leur propre responsabilité. 

Et l’OHF de conclure : « À partir du moment où le consommateur fait peser la durabilité dans ses critères d'achat, une offre adaptée devra être disponible. » L’organisme en appelle aux efforts de toute la filière : « Cela demande l'engagement de tous les partenaires. »

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