Avec des résultats souvent très serrés (parfois à 0,5 point près), le jury du 6e concours national de reconnaissance des végétaux (CNRV) a remis ses prix. Les candidats avaient planché la veille sur des échantillons frais de rameaux, feuilles, fruits… pendant que se déroulait tout près le Salon Paysalia, à Eurexpo Lyon, à Chassieu (69).

Cette année, 573 apprenants (820 en 2019) issus des formations « aménagements paysagers » ou « commerce-vente-productions horticoles » avaient tenté leur chance lors des concours de reconnaissance des végétaux régionaux.

Cinq finales régionales avaient pu se tenir en présentiel. Mais pour avancer malgré le contexte de crise sanitaire liée à la Covid-19, sept régions se sont adaptées et ont innové en trouvant une formule de concours numérique. Ce n’est pas l’idéal car un concours de « reco » se fait avec ses sens (vue, toucher, odorat), sur de véritables échantillons, mais la situation était exceptionnelle.

Au final, 70 concurrents (73 en 2019) se sont qualifiés pour les finales nationales, et 23 ont été récompensés.

Denis Mortal, lauréat pour la seconde fois

Vingt et un professionnels ont testé leurs connaissances en botanique, dans les catégories aménagements paysagers ou productions horticoles. Comme les apprenants de niveau BTS, ils devaient reconnaître quarante végétaux en une heure et demie.
En aménagements paysagers, Renan Minoux, de l’entreprise Une touche de vert, à Anould (88), s’est placé devant Stéphane Marchais, enseignant au CFA-CFPPA Tours-Fondettes, à Fondettes (37), et Arnaud Binda, de Botanic, à Vivier-au-Court (08).

En productions horticoles, sur neuf finalistes, le lauréat est Denis Mortal, acheteur serre aux plantes chez Botanic, à Archamps (74) – déjà gagnant en 2017 –, devant Damien Taillard, enseignant au lycée du paysage et de l’horticulture de Fayl-Billot (52), et Béatrice Gabinaud, enseignante au CFPPA du Lauragais, à Castelnaudary (11).

Trois niveaux en aménagements paysagers et horticulture-commerce

Dans les épreuves du niveau III (BTS)-40 échantillons en une heure et demie :
- en aménagements paysagers, sur douze finalistes, Nicolas Claireaux, de l’UFA des Flandres, à Lomme (59), a gagné devant Julien Delmas, du CFAAH Toulouse-Auzeville, à Auzeville-Tolosane (31). Pas de troisième place faute de score suffisant ;

- en productions horticoles, Quentin Boillaud, du lycée Costa de Beauregard, à Chambéry (73), est arrivé devant Yoann Nicol et Anthony Guitton.

Dans les épreuves du niveau IV (bac, BP et équivalents)-30 échantillons à reconnaître, en une heure et quart :

- en aménagements paysagers, Alexis Didier, du CFA du Doubs-Châteaufarine, à Besançon (25), se place devant Louison Cousin et Florentin Brochard. À noter : suivez le candidat Louison Cousin en trois épisodes vidéo*. Étudiant au pôle de formation Nat’Thuré Végétal en BTS, à Thuré (86), et coureur cycliste, féru de compétitions, il a accepté de montrer son entraînement ;

- en productions horticoles, sur douze finalistes, Acilde Barre, de la MFR de Gron (89) prend la première place, devant Loïc Rolland et Sarah Bigot.

Dans les épreuves du niveau V, (CAP, BEP, BPA et équivalents)-20 échantillons à reconnaître en une heure :
- en aménagements paysagers, c’est Loris Caillaud, de la MFR de Mareuil-sur-Lay, à Mareuil-sur-Lay-Dissais (85), qui s’est placé devant Mickaël Adrot et Matthieu Monteil ;

- En productions horticoles, sur cinq finalistes, Audrey Suinot, du CFPPA Quetigny Plombières-lès-Dijon, à Quetigny (21), a obtenu les meilleurs résultats devant Dylan Deschamp et Léa Choquet.

L’assemblée des invités était nombreuse : amis, familles, coachs et enseignants ont félicité les compétiteurs. Des entreprises se positionnent d’emblée pour recruter les plus passionnés. ©Odile Maillard

Les lauréats repérés par des entreprises

Le jury a apprécié l’implication des candidats dès le niveau V, des apprenants destinés aux travaux plus manuels et très proches des plantations.

Plusieurs candidats reviennent sur les podiums au fil de leur parcours de formation : « Ces performeurs sont de véritables ambassadeurs du végétal », estime le jury, qui précise : « La filière a besoin d’experts végétalistes. » Que les candidats se le disent : les entreprises sont intéressées par cette compétence végétale et les attendent déjà. Deux représentants professionnels ont officiellement proposé, devant l’assemblée, du travail aux lauréats… s’ils le désirent.

Meilleure région : Nouvelle-Aquitaine

Après la région Île-de-France (trophée 2013), la région Auvergne-Rhône-Alpes (2015) et la région Grand Est (2019), c’est la Nouvelle-Aquitaine qui a obtenu, ce 2 décembre, le trophée de la meilleure région 2021 en reconnaissance de végétaux. Ceci avec une moyenne de 69,21 % de réponses justes.

À noter : 4 820 jeunes avaient concouru aux six éditions du concours de reco, 360 étaient qualifiés pour les finales nationales et 105 lauréats ont déjà été récompensés depuis la création.
Un équivalent pour la reconnaissance des insectes est régulièrement demandé aux organisateurs.

Depuis 2011, tous les deux ans, ce concours est organisé par l’interprofession Vah’hor, avec le concours de la direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en partenariat avec l’Unep (Union nationale des entreprises du paysage), la fédération de producteurs FNPHP (Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières), Les Jardineries et animaleries de France, la Fédération française du paysage, la SNHF (Société nationale d’horticulture de France). Avec la participation active de l’Eplefpa de Lyon-Dardilly-Écully.

Odile Maillard

Sur www.lienhorticole.fr : un diaporama avec tous les finalistes.
*Règlement, listes de végétaux, vidéo sur l’entraînement du candidat Louison Cousin, nouvelles dans les nomenclatures et les classements…