Le voyage de presse organisé ce 6 mai a permis de découvrir une édition 2021 prometteuse pour le Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire, dans le Loir-et-Cher, sous une pluie bienfaisante pour les végétaux, après plusieurs semaines de sécheresse.
« Dans cette époque si particulière, la nature ne doit plus être perçue comme une ressource dont on abuse, mais comme une source d’inspiration extraordinaire pour qui sait l’observer. La compréhension et l’imitation des systèmes vivants, et en particulier des écosystèmes naturels, est l’une des clefs de notre avenir. Voilà pourquoi nous avons retenu comme thème le biométisme au jardin », explique Chantal Colleu-Dumont, directrice du domaine de Chaumont-sur-Loire.

Mosaïque mimétique, l’un des jardins réalisés par les équipes du domaine de Chaumont-sur-Loire. ©Y. Haddad

Une collection d’érables japonais

Cette année, le festival présente une vingtaine de jardins dont cinq ont été conçus et réalisés par les équipes de Chaumont-sur-Loire.
Une majorité d’équipes sont françaises, mais on retrouve également des équipes mixtes, avec des professionnels d’Italie, de Grande-Bretagne, de Suède, des Pays-Bas, une équipe franco-mexicaine et une franco-japonaise… et, pour la première fois, deux équipes de République tchèque.

Parmi les invités « cartes vertes », Pierre-Alexandre Risser et son jardin (dé)connecté, implanté dans les prés du Goualoup (retrouvez notre précédente vidéo sur Pierre-Alexandre Risser pour son grand jardin onirique et poétique « Robinson des villes ou la possibilité d’un rêve » lors de la 16e édition de Jardins, Jardin aux Tuileries en 2019, à Paris). Appelé à devenir l’un des jardins permanents de ce secteur, il se présente comme un espace propice au ressourcement, à la déconnexion. C’est un jardin-forêt abritant une collection d’érables japonais en hommage à l’un de ses mentors, Paul Maymou, pépiniériste à Bayonne (64) spécialiste de cette essence.

Le jardin met également en avant une grande diversité d’hortensias, grâce à un partenariat développé avec plusieurs producteurs dont Didier Boos, Minier, Kerisnel et Lepage.

Autre invité « carte verte » : Alexis Tricoire avec son jardin baptisé « A rebrosse poil », installé dans un espace inédit, le vallon des Brumes. Il interroge le visiteur avec beaucoup d’humour – avec de multiples fleurs et animaux conçus à l’aide de brosses en tout genre – sur la nature et les problématiques des Amérindiens du Brésil.

Collection d’hortensias dans le jardin de Pierre-Alexandre Risser. ©Y. Haddad

De plus en plus de collections reconnues

Classé jardin remarquable depuis 2009, le domaine de Chaumont-sur-Loire ne cesse d’enrichir la palette végétale présentée dans ses espaces extérieurs permanents en s’appuyant sur l’histoire des lieux – les derniers propriétaires privés, la famille de Broglie, étaient de grands amateurs de plantes – et en mettant en avant le riche savoir-faire horticole de la région Centre.
Au fil des ans, plusieurs collections végétales, dont certaines sont agréées par le CCVS*, ont été installées principalement dans les prés du Goualoup : iris, pivoines, roses anciennes, asters et, plus récemment, clématites issues de la collection des pépinières Travers, dahlias provenant de la famille Turc ou encore de jasmins étoilés.

Une brochure spécialement dédiée à ces différentes collections a été éditée, ainsi qu’un livret présentant toutes les actions menées en faveur d’une gestion environnementale du domaine.
(Retrouvez notre précédent diaporama sur la visite en image des sept jardins récompensés pour la 29e édition du festival, sur le thème « Jardins de la Terre – Retour à la Terre Mère ».

Yaël Haddad

*Conservatoire des collections végétales spécialisées.