« Comment inciter les paysagistes à travailler avec une palette de plantes plus large en puisant dans les collections “CCVS”, mais aussi comment aider les responsables de ces collections à mieux les mettre en valeur ? » Telles sont les questions auxquelles le Conservatoire des collections végétales spécialisées cherchera à répondre début septembre à Nantes (44) lors d’un rendez-vous inédit où sont conviés producteurs, collectionneurs, paysagistes, mais surtout tous les passionnés et professionnels du végétal (inscription ici).

Si, depuis sa création à la fin des années 1980, le CCVS cherche à enrayer l’érosion des espèces horticoles spécialisées, pour ses dirigeants, pour de nombreux collectionneurs et observateurs de la filière, le constat est clair : la gamme utilisée par les concepteurs reste encore bien trop limitée, eu égard à ce qui se trouve chez les producteurs, et surtout chez ceux qui sont reconnus par l’association (on peut tous les découvrir ici).

Nantes, une ville, des collections végétales

Nantes, une ville reconnue pour son savoir-faire en termes d’espaces verts, de fleurissement et de diversité végétale est pour les organisateurs de la manifestation un exemple à suivre : « Aucun lieu n’était mieux approprié pour accueillir ce colloque, car il possède des collections labellisées CCVS de camélias et de magnolias, ainsi que de nombreux parcs où les plantes rares sont mises en valeur, dont le remarquable arboretum du cimetière-parc et, bien sûr, le jardin botanique. Ce colloque se tiendra au parc du Grand-Blottereau, à la Manufacture des tabacs, et il précédera la 34e Folie des plantes, manifestation qui accueille chaque année plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. »
Le CCVS choisit toujours bien les villes qui accueillent ses colloques : en 2019, elle avait donné rendez-vous à Nancy (54), une autre commune au savoir-faire horticole reconnu.
« La création de couloirs écologiques, de trames vertes et bleues, de jardins sous toutes leurs formes, y compris de potagers partagés, l’impératif incontournable de baisser la pollution des villes, les changements climatiques déjà sensibles et même les graves problèmes phytosanitaires contraignent les aménageurs et les paysagistes à s’adapter et à ajuster leur palette de plantes », argumente le CCVS pour défendre le choix du thème de son colloque.

Et l’association de poursuivre : « Tandis qu’un nouveau regard est posé sur la plante spontanée, sauvage ou domestiquée, les collections CCVS constituent un formidable catalogue vivant qui évite d’avoir à piller la nature. Elles mettent à disposition une richesse répertoriée par des guides précieux en la personne des collectionneurs et collectionneuses qui s’en occupent avec passion. »

Michel Péna pour ouvrir les débats

Le programme complet est à découvrir sur le site du CCVS, mais on peut déjà dire que de nombreux paysagistes interviendront : Michel Péna, à qui l’on doit les promenades du Paillon, à Nice (06), Grand Prix des Victoires du paysage il y a quelques années, étant le premier d’entre eux, dès l’ouverture, le 2 septembre.

Deux tables rondes sont aussi au programme les matins :
- la première aura pour intitulé « Comment élargir sa palette végétale grâce aux collections afin de trouver des parades aux aléas futurs et de s’adapter au changement climatique » ;
- la seconde est sur le thème « Plante sauvage ou cultivée, indigène ou exotique, doit-on faire un choix et comment l’assumer ? »

Les intervenants sont des paysagistes reconnus ou gestionnaires de patrimoines végétaux remarquables.
Les après-midi sont réservés à des visites de terrain, parmi lesquelles l’incontournable jardin botanique de Nantes (notre photo). Un programme à ne pas rater !

Pascal Fayolle