Les innovations dans le secteur émergent de la robotisation laissent à penser que les pratiques pourraient bien connaître encore de profonds changements au cours des années qui viennent.
Surtout dans un contexte de difficultés à recruter de la main-d’œuvre.

Travail répétitif et souvent assez physique, le désherbage n’a jamais été la tâche la plus valorisante du secteur agricole. Le rapide essor des herbicides chimiques, lorsqu’ils sont arrivés sur le marché, n’est donc pas très étonnant. Mais cet état de fait a conduit à l’impasse écologique actuelle. La législation a évolué en conséquence et le problème de la gestion des adventices est revenu comme un boomerang. Avec cependant une acuité supplémentaire : il est aujourd’hui encore plus difficile que par le passé de recruter de la main-d’œuvre et son coût devient prohibitif.

Depuis une dizaine d’années, les choses ont considérablement évolué, que ce soit pour la production comme pour le paysage. Il reste toutefois des marges de progression.
En production, les pistes les plus fréquemment utilisées sont les paillages ou encore l’enherbement contrôlé. En optant pour un couvert végétal adapté afin de limiter le nombre d’interventions de tonte ou de fauche, il est possible de rendre le contrôle des adventices plus facile tout en visant un objectif zéro herbicide à un horizon proche : c’est le choix qui a été fait par Pépinières Dauguet, à Larchamp (53).

Une mécanisation futuriste gérée par ordinateur ?

Mais il reste aussi de belles possibilités d’optimisation du désherbage par la mécanisation. Surtout si cette mise en œuvre de la machine peut être robotisée, libérant le temps humain pour des tâches plus valorisantes. La robotisation n’en est qu’à ses débuts, en particulier dans le domaine horticole, mais le Salon World Fira, qui a eu lieu début décembre à Labège (31), près de Toulouse, montre combien la perspective de faire tourner une machine pour effectuer le travail ingrat, possiblement vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sans surveillance permanente, est, si ce n’est opérationnelle, du moins envisageable.

Là encore, les avancées ne sont pas forcément réfléchies spécifiquement pour l’horticulture, en dehors de rares fournisseurs, mais garder un œil sur ce qu’il se passe dans le domaine n’est pas inutile. Les évolutions sur le terrain pourraient être perceptibles plus rapidement qu’on ne l’imagine.

Entre le très technologique – l’utilisation de machines ultrasophistiquées pilotées à distance par un ordinateur – ou alors le contournement très basique du problème – « pour éviter de désherber, je laisse pousser l’herbe et je la contrôle mécaniquement » –, l’idée n’est pas forcément de faire un choix. Chaque méthode peut trouver sa place à un endroit ou à un autre dans les cultures. Il n’est pas exclu qu’une mixité se crée entre les deux : une tonte robotisée d’espaces enherbés par un couvert végétal adapté…

Tout est en train de s’écrire et bien malin qui pourrait affirmer avec certitude comment le bouleversement aussi rapide des pratiques de terrain par les attentes sociétales et la législation va faire évoluer les choses sur le terrain.

Pour en savoir plus :
. Demain, l’ordinateur comme premier outil ? et World Fira, le forum de la robotique
. « D’ici cinq ans, on se passera totalement d’herbicides » et un outil maison pour faucher sur le rang

. Quand le sujet des plastiques rejoint celui du désherbage

Pascal Fayolle