Après une année 2020 difficile, une saison 2021 plus optimiste, les professionnels (horticulteurs, pépiniéristes, enseignants, collectivités) ont eu plaisir à se retrouver au site du Ratho, à Brindas (69), jeudi 1er juillet, pour partager leurs expériences et ressentis durant cette période inédite et à suivre les différents ateliers proposés par les techniciens de la station.

Diagnostic pour les émissions de gaz à effet de serre

Le projet Carbon’Aura débuté cette année, financé par la région Auvergne-Rhône-Alpes et lancé en partenariat entre le Ratho, le site de formation Eplefpa de La Côte-Saint-André (38) et le bureau d’études Agrithermic, a pour but de développer un outil de diagnostic et de conseil concernant les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’une production horticole.
Le travail revient à identifier les postes d’émissions les plus importants : chauffage, poteries et substrats… Mais aussi à proposer des alternatives pertinentes : itinéraires techniques, poteries biodégradables ou issues de plastiques recyclés, substrat avec ou sans tourbe.

Fertilisation organique : attention aux blocages ou aux accidents par excès

Sophie Bresch, de la station sœur dans le réseau Astredhor (le CDHR Centre-Val de Loire), a présenté l’atelier « Fertilisation organique » en hors-sol.
L’utilisation de ce type d’engrais présente plusieurs intérêts, notamment pour l’enracinement, un apport plus diversifié d’éléments fertilisants. Il permet de répondre au cahier des charges de l’agriculture biologique pour les producteurs qui ont choisi d’aller dans ce sens.

Néanmoins, conduire une culture hors sol en fertilisation organique présente un certain nombre de difficultés comme des blocages de minéralisation en période froide ou, a contrario, des accidents de culture par excès de minéralisation en période chaude.
De nombreux paramètres entrent en ligne de compte : température, humidité du substrat, le pH, l’activité biologique (micro-organismes)… le pilotage de la fertilisation doit prendre en compte tous ces facteurs.

Vegepap : l’effet « waouh » en priorité

Troisième et dernière année pour l’expérimentation Vegepap « Végétal prêt-à-poser », c’est-à-dire proposer au consommateur une association de plantes (fleurs ou légumes-aromatiques) dans un contenant design avec tout le nécessaire pour faciliter la vie du consommateur : réserve d’eau, engrais à libération contrôlée, ainsi que des consignes d’utilisation claires.
Une enquête, réalisée auprès de la clientèle de l’exploitation horticole du lycée de Dardilly (69), réalisée en septembre 2020 et mai-juin 2021, a révélé les premières impressions et attentes des consommateurs face à ce type de produit.

L’aspect esthétique ou effet « waouh » (abondance de fleurs, effet spectaculaire, harmonie des associations de plantes) semble être le critère le plus mis en avant par ceux ayant pris le temps de répondre au questionnaire, ceci bien avant le côté utilitaire.
Cette enquête reste à confirmer avec un panel de consommateurs plus important et plus diversifié, et dans différents lieux de vente.

Des plantes de bons et loyaux services

L’après-midi a été consacré aux alternatives aux produits phytosanitaires avec trois retours d’expérience autour des plantes de services :
- Ets horticoles Vuillermet : implantation de plants d’aubergines dans les cultures de Dipladenia et Poinsettia pour limiter les aleurodes ;
- domaine de Chapelan : mise en place de pots de potentilles, Alyssum et Ribes… pour attirer et nourrir les syrphes et limiter les pucerons sur rosiers ;
- bandes enherbées et implantation de Calendula ou soucis (plante hôte de Macrolophus, prédateurs de pucerons) en culture maraîchère à la station du Sérail, à Brindas également.
Ces différents thèmes seront évoqués dans une prochaine édition.

Claude Thiery