Des caméras et de l’intelligence artificielle. Hier encore, du fait de leur coût et de leur complexité, ces deux outils étaient réservés aux seuls laboratoires. « Aujourd’hui, pointe David Rousseau, enseignant-chercheur à l’université d’Angers (49), on les retrouve dans les entreprises où leur combinaison permet de travailler de nombreux sujets : l’émergence des plantules, la reconnaissance d’insectes, la quantification des pathogènes… »

Premier intervenant de cette visioconférence organisée par l’Association de coordination technique agricole (Acta) et Agreenium – alliance réunissant l’Inrae*, le Cirad** et dix établissements d’enseignement supérieur –, il a donné, le 8 juin, le « la » des évolutions en cours.

Des outils pour prédire et dupliquer

Davantage de numérique dans les entreprises horticoles ? Oui, assurément, et tout particulièrement dans les serres : après les outils de pilotage – globalement orientés vers le correctif –, les automates – qui ont conduit à un début d’anticipation –, la démultiplication des points de mesure (sur la tige, la pointe, la racine de la plante…).

« Actuellement, d’autres sujets sont à l’étude », a indiqué Rudy Stourm (CMF groupe, fabricant et constructeur de serres). Tous participent d’un même objectif : prédire pour ne pas subir, qu’il s’agisse des aspects sanitaires, du rendement, de l’organisation matérielle et humaine ou bien encore de la maintenance.
De fait, la modélisation numérique de la plante et l’intégration de ce modèle au système de pilotage sont à l’ordre du jour. « Dans les microtunnels, un de nos objectifs est d’utiliser le numérique pour dupliquer un climat », complète-t-il.

Anticiper les pannes, utiliser l’OAD

Des entreprises sont engagées et des laboratoires les accompagnent. À la station Astredhor de Villenave-d’Ornon (33), plusieurs programmes sont en cours.

L’un d’entre eux, conduit en partenariat avec la société Aria, vient de se terminer. « Il s’agissait, précise Nicolas Guilbert, chargé d’expérimentation, de tester un logiciel de pilotage et d’autodiagnostic des dysfonctionnements de la serre. L’outil détecte les pannes très en amont et donc contribue à réduire les coûts de maintenance. »
Autre innovation à l’examen : l’étude des climats et microclimats d’une serre. Son application pratique ? « Vérifier que les conditions d’utilisation du biocontrôle sont bien respectées et intégrer les données à un outil d’aide à la décision (OAD). Tous ces outils sont attendus par les producteurs », insiste Nicolas Guilbert.

Anne Mabire

*Inrae : Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.
**Cirad : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.