Une loi Egalim 2 est en préparation pour corriger ce qui n’a pas fonctionné dans le texte voté en 2018 afin de mieux équilibrer les relations commerciales entre agriculteurs et la distribution.
Pourtant, tout n’est pas encore entré en application dans la loi Egalim 1. C’est le cas par exemple du conseil stratégique à l’utilisation des produits phytosanitaires, qui va devenir une obligation en 2024 pour renouveler les Certiphyto « décideur » dans les entreprises, certificats dont il faut disposer pour pouvoir acheter et appliquer des produits phytopharmaceutiques. Certes, cela laisse encore un peu de temps, mais l’échéance se rapproche néanmoins à grands pas.

L’institut technique Astredhor, qui étoffe son offre de services aux professionnels, se positionne aujourd’hui sur cette thématique pour pouvoir, le moment venu, être un acteur incontournable de ce nouveau volet législatif.

« Le conseil stratégique est issu d’un des volets de la loi Egalim qui visait à rendre incompatibles les activités de conseil et de vente de produits phytosanitaires, précise Ellen Bouty-Drouet, responsable développement pour Astredhor. Elles deviennent donc de fait deux métiers obligatoirement indépendants. Et la dernière ordonnance du texte oblige un producteur qui dispose du Certiphyto à avoir bénéficié d’un conseil stratégique pour son renouvellement, dans le but toujours de baisser l’usage des produits phytosanitaires et de respecter les principes de la protection intégrée des cultures. »

Un outil adapté à la filière

Ce sont même deux conseils stratégiques en deux ans que devra avoir suivis celui qui demandera le renouvellement de son sésame. Même si on peut imaginer qu’il y aura une phase d’adaptation du processus. « Quand on parle aujourd’hui avec les producteurs, on voit qu’ils sont encore peu au fait de cette obligation, poursuit Ellen Bouty-Drouet. Or, 2024, c’est encore loin, mais ça approche ! »

Astredhor prépare donc un outil de diagnostic adapté à la filière du végétal, « car on ne pourra pas copier-coller une procédure mise au point pour une production de blé ou de maïs ; nous n’avons pas les mêmes spécificités et les mêmes contraintes ». Destiné aux conseillers qui seront en charge de ce conseil stratégique, il va être testé dans différentes stations cet été.
Objectif : avoir des retours des professionnels sur son fonctionnement et les points à améliorer. L’Institut pourra, avec cet outil, proposer les conseils stratégiques, qui doivent émaner de structures indépendantes.

Alors les professionnels auront la possibilité de se mettre facilement à jour au niveau des Certiphyto, s’ils en ont besoin. Il est possible d’être exempté, à condition d’être certifié AB (Agriculture biologique) ou Plante bleue de niveau 3. À chacun de faire son choix !

Pascal Fayolle