Prix des transports, coût des métaux (voir notre édito en page 3 du Lien horticole n° 1104 d’avril 2021)… Les ombres planant sur la reprise après l’épisode Covid sont réelles. Mais ces deux thématiques phares ne doivent pas en cacher d’autres dont les médias grand public parlent bien moins, mais qui pourraient également affecter fortement l’économie.

Parmi eux, un sujet met actuellement en émoi le secteur horticole : le plastique. Et ce sont les producteurs de pots qui tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme : le prix de la matière première vierge, c’est-à-dire le plastique n’ayant jamais été utilisé, a plus que doublé depuis la fin d’année dernière. Et il se pourrait que le phénomène ne s’arrête pas de sitôt.

Le plastique recyclé, qui est dorénavant majoritaire dans l’approvisionnement des fabricants de pots français, n’en est « qu’à » 10 à 20 % de hausse, mais il suit le chemin de la matière vierge.

Augmenter les prix dans les points de vente

Plusieurs fabricants ont déjà alerté récemment les différents acteurs du marché et de la profession, prévenant qu’ils n’auraient « pas d’autre choix que d’augmenter les prix de la poterie horticole de façon importante dans les prochaines semaines, pour supporter ces hausses du coût des matières, inédites par leur ampleur et leur rapidité ».
« Il sera nécessaire que les acteurs de la chaîne de valeur en prennent conscience rapidement afin que les horticulteurs, les pépiniéristes et les fabricants de poteries ne se retrouvent pas dans une situation intenable avec des marges exsangues, après une année 2020 déjà difficile », prévient un fournisseur, qui estime que les points de vente devront augmenter leurs prix pour que le surcoût ne soit pas supporté que par les seuls producteurs.

Par ailleurs, il se pourrait que l’augmentation des prix ne soit qu’une étape avant qu’une véritable pénurie s’installe ces prochains mois. Le sujet reste à suivre, mais la crise sanitaire n’a pas fini de semer derrière elle des conséquences pas forcément prévisibles…

Pascal Fayolle