Rappelant que « le développement et la préservation de la nature sont des enjeux fondamentaux pour répondre aux défis de demain », qu’ils concernent le climat, la biodiversité ou l’artificialisation des sols, ou que « la végétalisation est au cœur du changement de modèle souhaité par tous les acteurs de l’aménagement », quatre fédérations professionnelles se sont retrouvées le 21 mai dernier à Latresne, près de Bordeaux, pour signer une charte allant dans le sens de ces engagements. Intitulée « Des logements et des arbres », elle a été paraphée par la FNPHP et l’Unep locales, des organisations professionnelles de la filière du végétal qui ont évidemment un intérêt immédiat au développement d’un habitat plus vert, mais aussi par la Fédération des promoteurs immobiliers de Nouvelle Aquitaine et l’Union nationale des aménageurs. C’est la preuve que le besoin de plus en plus exprimé par les citoyens de bénéficier d’un cadre de vie plus végétalisé est en train de faire son chemin dans le monde de la conception du cadre de vie.

La charte implique des engagements communs pour les signataires :
- Construire une réflexion commune sur la valorisation du volet paysager dans les projets immobiliers, placer le végétal en tant que structure à part entière du projet ;
- Se regrouper pour identifier en amont les enjeux paysagers des projets et renforcer leur faisabilité ainsi que leur maîtrise technique ;
- Valoriser le savoir-faire des concepteurs, la maîtrise des entreprises de paysage et la production horticole de la région ;
- S’assurer que chaque métier de la filière respecte les règles de l’art en vigueur.

Prévoir un arbre par logement et par bureau

Pour leur part les aménageurs y affirment plusieurs engagements, en particulier « prévoir au stade du bilan une enveloppe significative et garantie pour le lot paysage, intégrant le coût de l’entretien afin d’assurer la pérennité des plantations » ou « s’assurer dès la phase conception que le projet immobilier intègre le volet paysager ». Ils s’engagent aussi à « associer les collectivités et les riverains, pour permettre une meilleure intégration du projet au territoire » ou à « faire un diagnostic des ressources végétales du site, afin notamment de préserver les spécimens existants, voire à « privilégier des paysagistes concepteurs et des entreprises locales ». Sans compter la plantation d’au moins un arbre par logement ou bureau quand la disponibilité en terrain le permet ou la mise à disposition des riverains et/ou collectivités des végétaux en excédent.

De leur côté, les signataires de l’Unep s’engagent, entre autres, sur le conseil, la fourniture et l’origine des végétaux et matériaux et privilégiant le local, de réaliser des analyses de sol pour réemployer le substrat en place chaque fois que possible, de réduire et gérer la consommation des ressources, en eau et carburant, par exemple. Ils s’engagent aussi bien sûr à respecter le fascicule 35 ou à valoriser les techniques nouvelles.

Enfin, les producteurs réunis au sein de la FNPHP régionale y affirment leur volonté de proposer une palette adaptée aux projets, des végétaux sains et résistants dans le respect de l’environnement, mais aussi de de donner plus d’information sur les disponibilités immédiates et futures en végétaux, de proposer des visites de parcelles, ou encore de conforter leurs démarches dans les certifications environnementales, HVE, Plante bleue ou MPS.

La charte a été signée par les présidents des associations de Nouvelle Aquitaine, Antoine Daganaud pour la FNPHP, Jérôme Boucard pour l’Unep, Arnaud Roussel-Prouvost pour la FPI et Jérôme Banderier pour l’Unam. On ne peut qu’espérer voir ce genre d’initiative se développer dans les autres régions !

Pascal Fayolle