Malgré une vague d’orages d’une rare violence en France récemment, la situation des nappes phréatiques du pays est préoccupante, la faute à un hiver et un printemps particulièrement secs. Face à cette situation, le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires vient de publier un mémento reprenant à la fois les actions menées au niveau national et des informations générales sur la manière dont est gérée cette crise.

Le ministère rappelle que l’État mène cinq actions en la matière.
La première est la « surveillance des ressources disponibles, assurée conjointement par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’Office français de la biodiversité (OFB) mais aussi Voies navigables de France (VNF) ou encore EDF ». Les niveaux des eaux souterraines et les débits des cours d’eau sont mesurés en permanence, toute l’année. Les étiages des rivières, c’est-à-dire le niveau minimal atteint pendant une sécheresse, sont surveillés par 3 230 stations. Ils sont disponibles sur Internet.

Quatre niveaux de limitations d’usage de l’eau

La deuxième action la mieux connue, redoutée particulièrement dans le secteur horticole : la mise en place de restrictions d’usage. Il existe quatre niveaux de limitation, selon la sévérité de l’épisode de sécheresse.
La vigilance sert à informer et inciter à économiser l’eau.
L’alerte et l’alerte renforcée exigent de réduire tous les prélèvements et interdisent les activités impactant les milieux aquatiques. Réaliser jusqu’à 50 % d’économie d’eau peut être exigé.
Enfin, le niveau de crise déclenche des interdictions pour préserver les usages prioritaires : santé, sécurité civile, eau potable, salubrité. Les prélèvements d’eau pour l’agriculture sont alors interdits (totalement ou partiellement), ainsi que de nombreux usages domestiques ou d’espaces publics (arrosages des massifs floraux, fontaines, nettoyages des voiries…).
Ces arrêtés sont disponibles sur le site Propluvia, actualisé chaque jour.

La troisième action est l’appel à la sobriété, le ministère proposant sur son site Internet des gestes pour économiser l’eau.

L’État rappelle au passage que l’on utilise en France 5,3 milliards de mètres cubes d’eau. Le secteur agricole représente 45 % de cette consommation, le refroidissement des centrales électriques, 31 %, l’eau potable, 21 %, et les usages industriels, 3 %.

Près de 7 000 contrôles en 2021…

Enfin, le ministère se charge de mettre en place des contrôles du respect des mesures mises en place. Deux types de contrôles sont effectués, le respect des mesures de restriction et le contrôle des volumes prélevés. En 2021, près de 7 000 contrôles ont été effectués, dont 14,5 % ont fait l’objet d’une non-conformité. Parmi ces cas en infraction, 60 % ont fait l’objet de suites administratives, 40 % de suites judiciaires.

La dernière action mise en place concerne l’avenir. Pour faire face à l’enjeu que représente l’eau pour demain, 100 millions d’euros supplémentaires ont été octroyés aux agences de l’eau. L’objectif est de permettre d’anticiper les mesures nécessaires à la préservation de la ressource, à l’aide de plusieurs leviers, parmi lesquels l’accompagnement des filières agricoles dans leur stratégie d’adaptation au changement climatique, un sujet d’importance quand on voit les enjeux mis en avant pendant le printemps 2022 et le début d’été !

Pascal Fayolle