Lancé au départ en 2014 par Astredhor Sud-Ouest (GIE Fleurs et Plantes) et Plante & Cité (1), le programme SaveBuxus II (2018-2021), qui touche à sa fin, a pour ambition d’identifier des nouvelles solutions dans la lutte contre la pyrale du buis, Cydalima perspectalis.

Dans cette nouvelle phase, les travaux sur les stratégies de gestion ont permis d’explorer de nouvelles solutions :
- lâchers de parasitoïdes et d’insectes prédateurs ;
- perturbation du comportement (utilisation d’huiles essentielles, confusion sexuelle) ;
- un nouveau volet sur l’évaluation de différents taxons sur parcelle expérimentale.

Pas de pouvoir de répulsion pour l’huile essentielle de thym

Des solutions agissant par perturbation du comportement sont explorées depuis 2018.
La première année de travaux a notamment permis de confirmer l’effet de certaines huiles essentielles sur les chenilles. En 2020, ils se sont concentrés sur une huile essentielle de thym afin d’évaluer l’effet répulsif de ces substances sur le comportement de ponte. Mais les résultats n’ont pas établi d’efficacité de ce produit.
Les recherches sur la confusion sexuelle avaient, elles, été abandonnées dès 2018.

Détourner la ponte vers d’autres supports

En parallèle, différentes études pour essayer de détourner la ponte des buis vers d’autres supports ont été menées, particulièrement vers d’autres végétaux sur lesquels la pyrale ne peut pas survivre : chêne vert, fusain du Japon et houx commun. Les rameaux de ces derniers étaient aspergés d’une solution à base de buis pour être plus attractifs. La ponte était d’autant plus importante sur le fusain du Japon et le houx commun. Si l’odeur et le goût sont importants dans le choix du support par le papillon, la texture l’est donc tout autant.

Une autre expérience, dans la même veine, a été réalisée : l’attractivité de différents macérats végétaux appliqués sur du papier a été testée. Les résultats confirment qu’une femelle peut pondre sur une surface recréant en partie l’odeur et la texture d’une feuille de buis.

Astredhor et Plante & Cité estiment que ce mécanisme pourrait, à l’avenir, offrir une solution efficace pour limiter les pontes sur buis en détournant les femelles vers un autre support.

Bacillus thuringiensis, Beauveria bassiana et insectes prédateurs

En 2020, l’efficacité comparée de deux souches de la bactérie Bacillus thuringiensis, le Bta (Aïzawai) et le Btk (Kurstaki), a été testée. Le deuxième semble être le plus efficace. Mais utiliser les deux produits en alternance semble être un bon compromis pour limiter le risque d’apparition de résistances tout en garantissant une bonne efficacité.

Le champignon Beauveria bassiana pourrait constituer un complément aux traitements Bt. Ce champignon entomopathogène provoque une maladie, la muscardine blanche, chez divers arthropodes. Il s’agit de la première année d’essai avec ce champignon. Des tests complémentaires, notamment en conditions extérieures, sont encore nécessaires.

Dernière solution testée : les insectes prédateurs polyphages. Les travaux de 2019 avaient fait ressortir que la larve du prédateur « POL » était la plus prometteuse. Des lâchers combinés avec du Btk ont été évalués. Cette combinaison réduirait le nombre de traitements et la résistance à la bactérie. Commencer par un traitement au Btk suivi par des lâchers après le premier vol permettrait d’optimiser son efficacité.

L’année 2021 marquera la dernière année du programme Save-Buxus II. Les travaux se concentrent désormais essentiellement sur les insectes prédateurs, Beauveria bassiana et Bacillus thuringiensis.

Léna Hespel

(1) Pour consulter la synthèse des résultats de SaveBuxus (première partie : 2014-2017). Pour consulter les résultats de SaveBuxus II (deuxième partie : 2018-2021).
Voir aussi le dossier « Le buis, un avenir en pointillé », dans Le Lien horticole n° 1083 (mars 2019) et l’article en ligne : «SaveBuxus : Évaluer les alternatives au buis».