Les deux pans de la production de jeunes plants horticoles présentent une typologie bien différente.
En effet, du côté de la pépinière, l’activité hexagonale s’est bien sûr effritée ces dernières années, mais elle reste importante, avec des producteurs majeurs qui exportent une partie non négligeable de leurs plants.
Du côté des plantes fleuries, le marché s’est complètement internationalisé, avec des plants et des graines voyageant allègrement d’Amérique, d’Afrique, voire d’Orient vers la France ou le reste de l’Europe. La production française est devenue marginale.
Pourtant, pour ces deux secteurs, du côté des producteurs « éleveurs », l’inquiétude est la même actuellement : auront-ils suffisamment de jeunes plants pour les prochaines mises en culture ?

Où trouver du plant en France ?

C’est, bien évidemment, que l’origine du problème est semblable : la forte dynamique de consommation de la fin 2020 et du début 2021 a vidé à la fois les serres et carrés de culture.
De plus, il faut préparer la prochaine saison si l’on veut profiter pleinement de l’engouement actuel des consommateurs. Aux mêmes causes, mêmes effets, malgré les différences d’organisation.

Le problème n’est pas totalement nouveau, mais la crise de la Covid-19 l’a renforcé. Avant l’hiver dernier, déjà, le président de Val’hor, Mikaël Mercier, avait publiquement évoqué le sujet lors d’une conférence de presse : « La crise Covid a fait émerger une demande accrue en produits français et plusieurs fleuristes et enseignes de distribution se sont inquiétés de savoir où ils pouvaient trouver de la marchandise fabriquée en France. Or, derrière la problématique de la production horticole hexagonale, se cache le problème de l’approvisionnement de jeunes plants. »

Sans autonomie en jeunes plants, difficile d’être autonomes en produits finis

Mikaël Mercier estime qu’il s’agit d’un « vrai sujet de filière, au même titre que les masques pour gérer la crise Covid ou l’industrie, qui est partie en Chine pour de nombreux secteurs ». Selon lui, « si nous ne sommes pas autonomes en jeunes plants en France, nous aurons un sérieux problème à être autonomes en production de produits finis ». Il a lancé une alerte au niveau national afin qu’un état des lieux soit réalisé – nombre d’entreprises, âge des dirigeants… – et pour obtenir un financement dans le but de réindustrialiser le secteur.

En attendant, Le Lien horticole a interrogé des producteurs en pépinière (1) ainsi qu’en horticulture (2) au sujet de la disponibilité en jeunes plants pour la prochaine saison 2021-2022. On peut, sans grands risques de se tromper, avancer que les prochaines mises en culture seront plus chères, le prix des alvéoles et des godets étant uniformément à la hausse.

Mais le principal message à retenir pour les producteurs « éleveurs » reste : « Anticipez ! » Il n’y a plus de temps à perdre pour passer commande, ceux qui tarderont trop auront encore moins de chances que les autres de recevoir, au moment de mettre en culture, les quantités qu’ils attendent dans les variétés qu’ils souhaitent.

Pascal Fayolle

(1) À lire ici : « La pépinière dispose de capacités à répondre »
(2) À lire ici : « Jeunes plants horticoles : des inquiétudes à l’import-export »