Les adhérents de l'Uniphor, réunis en décembre en congrès à Saint-Malo (35), ont échangé sur leurs difficultés et acté le rapprochement avec la Coordination Rurale, après dix ans de travail commun.

C'est à Saint-Malo, en terre bretonne, son berceau, que l'Uniphor (Union nationale des intérêts professionnels horticoles) a fêté son anniversaire le 4 décembre dernier. « Outre trente années d'engagement au service des professionnels de la filière, 2013 marque les dix ans de collaboration avec la Coordination Rurale », a précisé le syndicat dans un communiqué. Pourtant, les congressistes ont constaté que la réalité du terrain ne donne que peu d'occasions de se réjouir. Les débats ont rappelé l'extrême difficulté dans laquelle se trouvent la plupart des entreprises.

Le premier thème abordé, les concurrences faussées, a fait le constat d'une multiplicité des concurrences. Tant vis-à-vis des pays étrangers (Communauté européenne ou hors CE) que de nouveaux acteurs hexagonaux. Les adhérents de l'Union ont le sentiment que « désormais, les entreprises sont confrontées à une concurrence sans visage.

Les statuts spécifiques qui ont fleuri ces dernières années reposent sur des lois d'exception aux bases flottantes. Le labyrinthe toujours plus grand des obligations est devenu mouvant lui aussi. Aujourd'hui, les règles applicables à tous sont devenues l'exception. Dans cette accumulation de niches fiscales, sociales et techniques, les entreprises de la filière sont les grandes perdantes. Devant se plier à toutes les obligations, elles deviennent les cibles privilégiées des autorités de contrôle. Notre filière à un urgent besoin de justice et de clarté. Les professionnels n'exigent pas des privilèges, mais seulement les mêmes règles pour tous ».

Unis, mais dans le respect de la diversitéFace à cela, l'Uniphor rappelle ses propositions : étiquetage de l'origine des produits et de la date de coupe, mise en place d'une réelle classification des métiers du paysage et clarification des règles pour la filière sapin de Noël...Mais l'élément marquant du congrès reste le rapprochement avec la Coordination Rurale. Les deux syndicats ont acté leur rapprochement par la voix de leurs présidents respectifs, Bernard Lannes (CRUN) et Max Bauer (Uniphor) : « Désormais, nous travaillerons unis et ensemble pour apporter des solutions aux défis qui nous attendent. Cette collaboration se fera dans le respect de l'identité de chacun. Pour les deux formations, c'est un nouveau chapitre de leur histoire qui commence. »

Enfin, la question de l'interprofession a été évoquée en présence de Me Bondiguel. Il a été rappelé que l'Uniphor ne s'oppose pas à l'idée interprofessionnelle, mais « qu'elle constate que les politiques menées ciblent les entreprises en fonction de leur surface financière. Dans un contexte économique tendu, il est difficile de demander aux petites entreprises de financer des actions dont elles ne sont pas les premiers destinataires. Le dialogue avec Val'hor n'est pas fermé, il se poursuit. Inutile d'être pessimiste... »

P.F.