Lors d’une table ronde organisée dans le cadre du Sival sous forme de plateau TV en direct mardi 20 avril, intervenants spécialisés, experts et professionnels du secteur ont fait part de leurs expériences sur l’irrigation dans le cadre du changement climatique.
« En France, il n’y a pas de problème d’eau, il y a un problème dans la gestion de l’eau », martèle Séverine Darsonville, la présidente du pôle de compétitivité Végépolys Valley.
Selon la ressource disponible, on ne fera pas les mêmes choix concernant l’irrigation. « Chaque irrigant s’adapte à son territoire », constate Régis Chevallier, maraîcher en Loire-Atlantique. Le besoin de stocks d’eau devient plus important avec l’augmentation des pics de chaleur. Ceux qui le peuvent font des forages, des étangs…

Mais créer des réserves en eau devient de plus en plus compliqué d’un point de vue administratif, regrette l’exploitant. Par exemple, certains agriculteurs récupèrent les eaux pluviales pour l’irrigation. C’est particulièrement bien adapté dans le cas du maraîchage et de l’horticulture. Mais l’administration considère qu’il y a un déséquilibre en eau l’été, et qu’il faudrait donc restituer les eaux pluviales durant la saison estivale et ne pas arroser avec. « Ce n’est pas encore tranché », précise Régis Chevallier.

Adapter les systèmes

Pour faire face au changement climatique dans le cadre de l’irrigation, d’autres pistes peuvent aider les agriculteurs.

Des systèmes d’irrigation les plus efficients possible peuvent être mis en place. Sur une parcelle expérimentale, Cédric Chevalier, conseiller en arboriculture à la chambre d’agriculture du Rhône, témoignait de l’efficacité du goutte-à-goutte pour les périodes de faibles demandes en eau, combiné avec un système pendulaire pendant les périodes très sèches.
Pour Régis Chevallier, les nouveaux outils peuvent également aider dans les prises de décision : quand arroser ? par quels moyens ? en quelle quantité ? « On cherche toujours à être plus fins, plus précis, plus homogènes. On est souvent dans l’amélioration d’outils qui existent déjà. »

Une autre solution est d’adapter les variétés, en repensant les couples climat/variétés, voire même climat/espèces. « Il ne faut pas oublier le rôle de l’ombrage et de la haie », estime Sarah Colombie, de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.

Dernière piste : améliorer les réserves utiles des sols (c’est-à-dire leur capacité de rétention en eau) grâce à différentes actions comme la mise en place d’une couverture végétale, l’apport de matière organique, le non-travail du sol…

Léna Hespel

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