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le coup de jeune des plantes de grand-mères !

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Sous l’impulsion, entre autres, d’une clientèle jeune qui leur trouve du charme et des qualités dans l’air du temps (dépolluantes, par exemple), les plantes vertes retrouvent des couleurs dans les rayons des points de vente. Même la production française semble pouvoir profiter du renouveau d’une gamme qu’on croyait définitivement has been

Il y a un côté passablement savoureux, lorsque l’on tape sur un moteur de recherche l’expression « plantes­ de grand-mères » – sobriquet donné il faut bien le dire à de très nombreuses plantes vertes ces dernières décennies –, à tomber sur des vidéos de trentenaires vantant les qualités d’espèces telles que le Dracaena marginata ou le pothos… Voire d’autres plantes que l’on considérait déjà, il y a trente ans, comme des vestiges du passé. Ces influenceurs et influenceuses donc fort jeunes (c’est un peu un pléonasme...) qui sont tombés sous le charme et y entraînent tous leurs « followers » n’étaient pas nés quand la production française s’est détournée de ce marché devenu trop peu lucratif pour assurer la survie des entreprises.

Pourtant, le fait est bien là et confirmé par de nombreux observateurs de la filière : souvent vendues à des tarifs tout à fait abordables, en particulier lors de ventes éphémères aux prix bradés, les plantes vertes retrouvent les faveurs des consommateurs depuis maintenant plusieurs années. Et surtout, elles intéressent un public plus jeune, qui par ailleurs n’a pas toujours d’espace extérieur pour assumer ses envies de verdure. Elles ont tapé dans l’œil des générations les plus récentes qu’il est indispensable de séduire pour assurer l’avenir de la filière (voir pages 30-31). Portées par des discours positifs sur leurs capacités à débarrasser nos environnements pollués de certaines particules nocives, elles savent également séduire simplement par leur aspect revenu dans l’air du temps. Il en va des plantes comme de l’habillement et de l’ameublement : il faut parfois savoir laisser un peu de temps pour être de nouveau à la mode !

Des plantes vertes produites localement, c’est encore mieux !

Les enseignes de la distribution ont bien noté le frémissement du marché perceptible depuis au moins cinq ans et surfent sur la vague. Elles cherchent aussi à croiser cette tendance avec une autre : la tendance du made in France. Botanic et Truffaut ont donc lancé récemment des gammes siglées Fleurs de France, une gageure alors que la production hexagonale a pour ainsi dire disparu. Certaines entreprises n’ont cependant jamais totalement lâché (page 34), d’autres se lancent dans ce défi (voir pages 32-33).

De là à imaginer un vrai renouveau de la production française, il reste un pas. Il ne faut pas bouder son bonheur de voir que, en seulement deux ans, des signaux positifs sont apparus dans les secteurs les plus délaissés de la filière, les fleurs coupées (Le Lien horticole n° 1106 de juin 2021) ou les plantes vertes, mais il faudra que le marché soit durablement stable pour pouvoir reconstruire toutes les étapes de la production, du jeune plant à la plante finie. Néanmoins, le courant semble fort et il y a certainement de bonnes opportu­nités de marché à saisir. Et pourquoi pas se servir de ce qu’attendent les jeunes générations pour les attirer dans les points de vente et leur faire découvrir l’ensemble de la gamme végétale qu’ils sont loin de connaître ?

Pascal Fayolle
Des experts chevronnés pour des master classes en « plant design »

Le plant design, ou conception végétale,
est selon le site Internet maplantemonbonheur.fr (voir l’encadré page 31) « l’art et la manière d’améliorer son intérieur en utilisant les plantes, objets design vivants conçus par la nature ». Et puisque « inonder son intérieur de plantes est devenu une véritable tendance », le site veut apporter les clés aux inter­nautes pour adopter une démarche « Plant First » via des master classes. Des experts reconnus y livrent leurs « secrets ». Le « designer biophi­lique* » Alexander Bond y parle du « formidable pouvoir du plant design pour aider à se reconnecter avec la nature ». Le designer végétal Philip van Traa explique comment il parvient à créer un « effet waouh » dans son travail , tandis que Rose et Caro, du studio Ro Co, donnent des pistes pour « éveiller la créativité ». Pour la France, le designer Alexis Tricoire, à qui l’on doit les plantes suspendues dans la gare d’Angers, entre autres, montre « comment jouer avec la hauteur pour le plant design de sa maison ou de son appartement, et optimiser l’espace au sol avec des plantes en suspension »...

Il y a une vraie démarche de revalorisation de la plante verte que l’on a du mal à imaginer avant de se plonger dans ce monde formidable qu’est Internet, tout à fait rassurant pour la filière du végétal, même si, pour le non-initié, la mode de la plante verte peut intégrer des codes parfois un peu sibyllins !

*La biophilie est « l’idée que les humains ont un besoin inné de créer des liens avec la nature et d’autres formes de vie ».

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