Barrault horticulture a toujours produit des plantes vertes. « Mon père aimait cette culture héritée de sa mère. Pour ma part, j’ai poursuivi car il s’agissait d’un savoir-faire familial et qu’il y avait dans cette pérennisation une forme de respect du développement de l’entreprise », explique Claire Alix-Barrault, qui dirige­ aujourd’hui l’établissement avec sa sœur, Véronique Barrault. Située à La Possonnière (49), au sud d’Angers, sur les bords de Loire, la pépinière,­ qui fêtera cette année ses 70 ans, les 9 et 10 novembre prochains, étend ses cultures sur une trentaine d’hectares.

Deux ans pour reconstituer une gamme

Néanmoins, les mises en production de plantes vertes ont largement évolué dans le temps. « Quand j’ai commencé à travailler dans l’entreprise, elles occupaient 8 000 m2 de serres, se souvient Claire Alix-Barrault. Puis les ventes ont décliné et au plus creux de la production, nous ne disposions plus que de 1 800 m2 en culture. Depuis cinq ans, on sent une reprise de la demande. »

Sous l’impulsion, entre autres, des médias qui ont mis en avant les propriétés­ dépolluantes des plantes vertes, les ventes ont donc progressé. « Nous avons alors cherché à étoffer de nouveau notre offre. Cela nous a pris deux ans de travail pour retrouver une gamme cohérente. Des taxons tels que le Rhoicissus rhombifolia ‘Ellen Danica’ sont devenus introuvables aujourd’hui ! Par chance, nous n’avions pas jeté les livres­ consacrés à ce sujet et nous avions encore notre savoir-faire ! »

Surtout du 10,5

Aujourd’hui, les plantes vertes n’ont pas forcément une place définie à l’année dans les serres, elles s’intercalent entre les autres cultures. Peu présentes en hiver en raison du prix de l’énergie prohibitif, elles peuvent occuper au plus fort de l’année jusqu’à 3 000 à 4 000 m2. Une soixan­taine de taxons sont proposés. Des succulentes ont été ajoutées au catalogue, afin d’obtenir les « franco » lors des achats de jeunes plants. En effet, si, historiquement, Maison Barrault pouvait mener beaucoup de ses cultures de A à Z, dorénavant elle ne produit plus qu’une partie de son jeune plant (Tradescantia, pothos, gypsophile…).

L’entreprise a aussi redéfini le type de produit proposé : « Avant, nous produisions des pots de diamètre 9, 13 et 14, du 3 litres et des suspensions, poursuit Claire Alix-Barrault. Maintenant, le principal contenant que nous travaillons est le pot de 10,5, un bon compromis pour faire une belle plante à un prix maîtrisé. Depuis toujours, et bien avant que le label Fleurs de France existe, nous affichions déjà le fait que le végétal était hexagonal, avec la mention “production française” sur le pot, une carte de France et le lieu de culture, sans forcément mentionner notre nom. »

Concurrence des Pays-Bas

Barrault horticulture dé­cline ainsi plus de 60 000 pots de 10,5, quelque 15 000 pots de 14 et 6 000 suspensions chaque année. Si Claire Alix-Barrault veut continuer à produire, elle reste persuadée que le marché est risqué et qu’à tout moment la concurrence des Pays-Bas risque de chambouler le marché.

« À l’heure actuelle, en plus de la production­ quotidienne, nous avons la capacité de signer des engagements sur des quantités avec des prix garantis. Nous vendons environ 90 000 unités par an. Dans trois ans cela sera peut-être davantage, toutefois nous allons rester mesurés dans la progression de nos mises en culture. En aucun cas un développement exponentiel de la production n’est envisagé, conclut-elle. L’idée est plutôt de conserver ce marché de niche, de proposer un produit français de qualité et de perpétuer notre savoir-faire. »

P. F.

Chaque année, sont proposés plus de 60 000 pots de 10,5, quelque 15 000 pots de 14 et 6 000 suspensions.