Les échanges mondiaux permettent d’enrichir la gamme végétale ornementale dans les maisons, les espaces verts et les jardins…, avec leurs corollaires : la dispersion sur la planète d’une cohorte de ravageurs, de maladies, d’adventices plus ou moins invasives.

Les conditions climatiques influent beaucoup sur le potentiel d’apparition et de développement des bioagresseurs dans les cultures, de même que sur leurs dégâts… après plantation. Sans oublier l’ajustement des pratiques phytosanitaires afin de se conformer à la législation.

Alors, en la matière, comment l’année 2021 s’est-elle déroulée en France métropolitaine ?
Comment les principales problématiques ont-elles pu être considérées et abordées ?

Tour d’horizon de 2021 au travers de deux bilans phytosanitaires

Même s’il n’est pas possible de généraliser ni d’entrer dans les détails au cas par cas dans toutes les régions, Jérôme Jullien, expert national en surveillance biologique du territoire, productions horticoles, jardins, espaces végétalisés et infrastructures auprès de la DGAL-SDSPV, a tenté de faire un état des lieux et de relever les principales tendances phyto concernant les cultures importantes. Il a sollicité plusieurs réseaux et divers contributeurs, recueilli les avis des techniciens, producteurs et gestionnaires d’espaces verts.

Il propose deux synthèses de toutes les réunions nationales et régionales auxquelles il a participé. Ce dossier est donc en mesure de présenter deux bilans phytosanitaires relatant les faits marquants (mais non exhaustifs), les tendances, les phénomènes émergents alarmants, constatés au cours de l’an passé.
Le premier bilan concerne les productions horticoles*.
Le second est relatif aux espaces verts paysagers, avec une distinction spéciale concernant les gazons des terrains à vocation sportive*.

Pour 2022, les dommages collatéraux de l’invasion russe en Ukraine vont probablement mettre un sérieux coup de frein aux échanges mondiaux de matières premières et de biens de consommation. Qu’en sera-t-il pour les végétaux d’ornement et la propagation des ravageurs ou des maladies et adventices ? Difficile de faire des prédictions.

Des surveillances indispensables aux niveaux local, national et européen

À l’heure actuelle, la détection la plus précoce possible des foyers reste un facteur primordial pour la filière. Que ce soit pour les problèmes émergents ou les organismes nuisibles soumis à des mesures de lutte obligatoire. Il reste impératif de couvrir efficacement le territoire par le biais d’un maillage d’observations phytosanitaires très serré, à l’échelle des parcelles.

Des tentatives d’organisation et de concertation se profilent aux niveaux tant national qu’européen. Mais les difficultés, sur le terrain français, restent prégnantes au vu des réductions de budget, des délégations de responsabilité des contrôles portées de plus en plus par les entreprises (vers davantage d’« autocontrôles »)…

L’urgence du moment, c’est également la nécessité de soutenir les réseaux locaux d’épidémiosurveillance ainsi que la diffusion des informations au moyen des bulletins spécialisés*.

Vers la création de plateformes d’épidémiosurveillance ?

L’organisation de la surveillance des nuisibles est toujours plus cruciale.
Les plateformes d’épidémiosurveillance en santé animale, en chaîne alimentaire et en santé végétale vont tenter d’établir une gouvernance concertée, très transversale. En jeu : un décloisonnement des domaines et des disciplines, davantage de collaborations, une mutualisation des compétences. Les besoins des acteurs pour la surveillance seront interrogés, tant sur le terrain qu’auprès de la recherche.
À terme, une approche globale de la santé dite « Une seule santé » ou « One Health » est souhaitée et envisagée.

Restera à vérifier si les moyens humains et financiers seront alloués à hauteur des ambitions et des enjeux pour mieux réussir la surveillance des nuisibles.

Ces thématiques, en pleine actualité, pourraient avancer à la suite d’un séminaire le 22 mars, rassemblant un ensemble d’acteurs européens et français, publics et privés.

La rédaction

*Pour plus d’informations : Les autres articles du dossier
- « Horticulture : le bilan phytosanitaire de 2021 » ;
- « Horticulture, jardins, espaces verts et gazons 2021 : le bilan des atteintes phytosanitaires » ;
- « Espaces verts : les faits marquants »
Dans le Lien horticole n° 1114 d’avril 2022 : un tableau des ravageurs des cultures horticoles avec les observations marquantes (constats notables et secteurs ou régions – signalements non exhaustifs).