De nombreuses plantes exotiques sont utilisées pour leurs qualités ornementales et leur résistance : floraisons abondantes, précocité saisonnière, rusticité, résistance aux pollutions atmosphériques, à la sécheresse, au sel… Mais certaines, très compétitives et sans prédateurs, se révèlent envahissantes et possèdent des inconvénients majeurs. Ce sont eux qui justifient la lutte (voir p. 34-35).

Sur la santé

Certaines plantes exotiques envahissantes (PEE) s’avèrent dangereuses pour la santé humaine. C’est, par exemple, le cas de la Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), plante pluriannuelle originaire de Russie. Sa sève est photosensibilisante : elle provoque de graves brûlures sous l’effet du soleil. Elle se plaît dans les terrains riches en azote et frais : lisières de forêts, fossés, zones de remblais… Cette plante a, au départ, été importée en France volontairement pour ses propriétés mellifères et ornementales.

Autre plante potentiellement dangereuse et introduite volontairement pour des raisons esthétiques : le raisin d’Amérique (Phytolacca americana). Cette vivace, toxique, se retrouve aujourd’hui dans des jardins, les friches ou les bords de champs. Les risques de toxicité sont surtout liés à la consommation de ses baies. Elle peut atteindre jusqu’à 3 mètres et ses fruits sont disséminés par les oiseaux. De nombreuses autres exotiques envahissantes peuvent présenter des risques pour la santé, comme le datura stramoine (Datura stramonium), intégralement toxique, ou l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia), au pollen fortement allergène. Concernant l’ambroisie, il a été estimé qu’en Auvergne-Rhône-Alpes, la région la plus envahie par l’ambroisie à feuilles d’armoise, les contacts avec la plante ont entraîné des dépenses de santé (consultations, traitements, arrêté maladie, etc.) de près de 40,6 millions d’euros pour l’année 2017.

Sur l’économie

Les PEE peuvent en effet avoir des répercussions négatives importantes sur les activités économiques. Certaines peuvent augmenter les coûts d’entretien des espaces verts ou réduire les productivités agricoles et sylvicoles. La présence de PEE oblige même parfois à abandonner certaines cultures. C’est, par exemple, le cas du tournesol, trop compliqué à gérer en présence d’ambroisie à feuilles d’armoise. Des coûts pour la restauration d’infrastructures dégradées peuvent également être imputés aux exotiques envahissantes, à l’image de chaussées altérées par les repousses de certaines plantes comme l’ailante (Ailanthus altissima) (voir p. 34-35). L’impact économique des espèces exotiques envahissantes est estimé par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) à 12 milliards d’euros par an en Europe.

A contrario, certaines exotiques envahissantes, comme le mimosa (Acacia dealbata), présentent un intérêt économique indéniable (production de fleurs coupées et arbustes d’ornements sur la Côte d’Azur).

Sur les communautés végétales et la biodiversité

Les exotiques envahissantes peuvent également entraîner une diminution de la diversité biologique des milieux envahis à travers plusieurs actions. Une première action directe est l’occupation de l’espace, au détriment des espèces indigènes. Certaines exotiques possèdent des avantages compétitifs sur les espèces indigènes qu’elles peuvent alors surpasser. Une autre action est la modification du milieu initial. Notamment, certaines plantes sont capables de modifier les propriétés du sol. Les renouées ou l’ailante, par exemple, émettent des substances qui nuisent à la reproduction et la croissance des espèces indigènes, permettant aux premières de s’imposer (phénomène d’allélopathie).

Cependant, les PEE profitent souvent de la perturbation d’un milieu pour y proliférer, sans pour autant être la cause initiale du problème.

Certaines plantes exotiques envahissantes sont par ailleurs utilisées dans des cas particuliers où les indigènes ne poussent pas : restauration de milieux dégradés, stabilisation de sols érodés, dépollution des sols, etc. Dans les milieux dégradés, elles peuvent représenter, entre autres, une ressource de substitution permettant de maintenir les chaînes alimentaires. Certaines sont très attractives pour les insectes, comme l’arbre à papillon (Buddleja davidii). D’autres favorisent la présence d’insectes auxiliaires, etc.