Engrais et fertilisants État des lieux du marché et perspectives à moyen terme

Les prix des substrats en engrais flambent, à cause du contexte mondial et de problèmes de législation. Les fournisseurs s’adaptent et un colloque, prévu le 15 novembre, leur permettra de faire un pas de plus en ce sens. © P. Fayolle
Les prix des substrats en engrais flambent, à cause du contexte mondial et de problèmes de législation. Les fournisseurs s’adaptent et un colloque, prévu le 15 novembre, leur permettra de faire un pas de plus en ce sens. © P. Fayolle

Lors d’une conférence à l’occasion du dernier Salon du végétal, le syndicat professionnel Afaïa a dressé un état des lieux du marché des engrais et fertilisants. Il est, comme beaucoup d’autres, tendu. Mais il faut s’adapter et un colloque est prévu pour y réfléchir, le 15 novembre 2022.

Prix du fret maritime multiplié par quatre, augmentation sensible des plastiques (voir Recyclage : Plastique horticole : et si une économie circulaire pouvait voir le jour ?), du bois et de la tourbe (voir Substrats : ça flambe sur plusieurs fronts), coût des engrais de synthèse qui exposent en raison de la flambée du prix de l’énergie… Le refrain est connu, mais lors d’une conférence de presse à l’occasion du dernier Salon du végétal, qui s’est tenu à Angers le 14 septembre, Afaïa, le syndicat qui regroupe les fournisseurs de substrats et d’engrais l’a bien rappelé : le marché s’est considérablement tendu depuis 2021. La tendance était là, et au début de cette année, le déclenchement de la guerre en Ukraine en a rajouté une couche.

« Mais le contexte économique n’explique pas tout », a rappelé Laurent Largant, directeur d’Afaïa, citant aussi des problèmes réglementaires, comme la mise en application franco-française d’une définition très restrictive de la notion d’élevage industriel, qui fait que la plus grosse partie des fientes de volailles disponible en France pour la vente à l’extérieur est devenue interdite en agriculture biologique… Résultat : même sur ces produits peu dépendants de l’énergie, les prix flambent.

Les fournisseurs se sont déjà adaptés

Laurent Largant a toutefois rappelé que des solutions sont déjà mises en œuvre par les producteurs français de produits, comme le recours à des supports de culture et fertilisants d’origine recyclée. Ainsi, les substrats font de plus en plus appel à des matières premières issues de la forêt, les engrais et amendements valorisent de plus en plus les effluents d’élevage (malgré les freins sur les fientes de poules, donc !), les matières premières issues des industries agroalimentaires ou du traitement des eaux.

L’amélioration de la capacité des plantes à assimiler les fertilisants grâce à des biostimulants mieux reconnus au niveau législatif (voir Le marché des substrats particulièrement tendu) est aussi un atout.

La marque Fertilisant durable, garantissant un taux minimal de matières premières renouvelables, est également un plus.

Tous ces sujets seront abordés et enrichis lors du prochain colloque Afaïa, qui aura lieu le 15 novembre à Paris sur le thème « Engagé.e.s pour mieux cultiver ».

Trois sessions sont prévues (voir le programme : Colloque AFAÏA 2022 | AFAÏA).

La première retracera le rôle d’Afaïa (ex-CAS) pour épauler ses adhérents et son secteur d’activité.

La seconde abordera les nouvelles règles de mise en marché, socle commun et règlement européen. Il y sera question des textes actuels (dont celui sur les biostimulants cité plus haut), mais aussi ceux qui arrivent et de la manière dont il est possible de s’y adapter.

Enfin, la dernière partie portera sur les attentes sociétales et la manière dont les fournisseurs peuvent y répondre. Indispensable dans le monde ultra-connecté actuel !

Pascal Fayolle
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