« La crise sanitaire qui sévit depuis plus d’un an maintenant agit comme un accélérateur formidable sur les marchés du jardinage et des espaces verts, avec la quasi-suppression des autres activités concurrentielles (voyages, sorties, loisirs…), en raison d’une météorologie favorable et des besoins d’avoir du végétal pour la qualité de vie », explique la Société française des gazons (SFG), dans un récent communiqué. Pour l’association, dont le but est de promouvoir l’usage du gazon de qualité, « si apparemment cela peut s’avérer bénéfique à court terme, cela crée un déséquilibre entre les disponibilités des producteurs de végétaux, fournisseurs d’intrants ou de produits manufacturés et les demandes des consommateurs, qui ont redécouvert les vertus du jardin ». Un constat déjà dressé dans le dossier du Lien horticole n° 1105 de mai 2021, avec déjà un volet consacré aux semences pour pelouses. Les raisons mises en avant pour expliquer les déséquilibres entre l’offre et la demande sont les mêmes que celles de ce dossier : des tensions sur les matières premières, dont les prix grimpent, que ce soient les métaux ou les plastiques, et un coût du transport maritime multiplié par quatre en quelques mois.

L’offre sera difficile à reconstituer

La SFG donne un autre exemple de faible disponibilité de fourniture sur le marché : l’arrosage. « Les fabricants de produits d’irrigation mettent tout en œuvre pour assurer au plus vite les livraisons et limiter les restes à livrer afin de subvenir à la demande mondiale, en forte hausse, car leur production est affectée par la disponibilité et les prix des matières premières, ainsi que par les coûts du transport international. »

Elle évoque aussi le cas des supports de culture (voir l’article ici «Les supports des cultures vont subir des augmentations de prix»).

Mais, surtout, elle précise que « d’après les producteurs de semences de gazons, les stocks sont fortement tendus car tous les marchés consommateurs de l’hémisphère Nord sont très actifs et ceux d’Europe ne sont pas équilibrés cette année par d’éventuelles productions américaines, le marché intérieur y étant aussi très dense. La disponibilité suffisante de l’offre en semences va être difficile à reconstituer. Cette très forte demande persistante, conjuguée aux conditions météorologiques en Europe – des amplitudes excessives de chaleur alternées d’excès de précipitations favorisant de nouveaux parasites, des pertes et une augmentation des coûts de production – hypothèquent déjà la qualité et la quantité des récoltes de 2021. Le contexte laisse augurer d’une offre structurellement déficitaire pour au moins les dix-huit mois à venir et une hausse mécanique des prix. »

Il sera donc plus difficile et plus coûteux d’installer une pelouse au cours des prochains mois. Gare à la qualité des semences des mélanges qui seront proposés !

Pascal Fayolle