De nombreux professionnels de l’amont du secteur horticole ont, depuis plusieurs semaines, averti leurs clients : « La situation particulière que nous vivons ne sera pas sans conséquences pour les producteurs de végétaux et pour le marché du jardin en général. »

Dès la fin mars, les producteurs de poteries plastique lançaient l’appel : « La flambée des cours de la matière première va inévitablement générer des augmentations de prix, voire des ruptures d’approvisionnement (voir ici : Marché du jardin : Les prix du plastique flambent également et Le Lien horticole n° 1104 d’avril 2021, page 8).
On sait aussi que des tensions sont réelles sur le marché du jardin, que ce soit pour les végétaux, les semences de gazon ou le matériel comme les tondeuses (à lire dans notre dossier du Lien horticole n° 1105 de mai 2021).

Le transport maritime coûte quatre fois plus cher

Ce sont désormais les fabricants de supports de culture, engrais, amendements ou biostimulants, réunis dans l’association Afaïa qui tirent la sonnette d’alarme : pour eux, il y a « des tensions sur tous les fronts » ! Ils expliquent cet état de fait par le « coût du transport maritime de conteneurs multiplié par quatre en un an ».
Au-delà d’accidents ponctuels comme le blocage du canal de Suez, « le nombre de conteneurs est structurellement insuffisant, et les prix vont demeurer élevés. Ceci impacte fortement certaines matières premières importées telles que la fibre de coco ou la tourbe ».
Autres raisons : les mesures sanitaires prises en réponse à la crise de la Covid-19 compliquent aussi les transports locaux, en entraînant des hausses de tarifs ou les cours du plastique utilisé pour les emballages, qui ont bondi, en lien avec les cours du pétrole.
Enfin, Afaïa évoque « le coût du recyclage doublant pour certains matériaux, en liaison avec les évolutions réglementaires ».
Forte augmentation du prix des palettes en bois ou des matières premières, avec des tensions sur la tourbe et sur les produits issus du bois viennent se surajouter à ce cocktail explosif.

Des surcoûts répercutés sur les prix

« Les cours s’envolent et les frais de transport augmentent », conclut le syndicat, qui ajoute : « Quelle que soit la famille de fertilisants, les impacts sur les coûts de production seront importants. Pour préserver leur activité, les adhérents d’Afaïa devront probablement répercuter ces impacts, et cela va tirer l’ensemble des produits à la hausse, dès ce printemps. »

Pascal Fayolle