Il y a un an débutaient un peu partout en France les « Rencontres alternatives phytos ». Leur objectif : diffuser le plus largement possible les pratiques expérimentées dans le cadre des groupes « Dephy et 30 000 »* afin réduire l’utilisation de produits. « La rencontre d’aujourd’hui s’inscrit dans ce cadre », a dit en préambule, le 15 juin, Laure Péron, animatrice du réseau Ecophyto des Pays de la Loire, avant de céder la place aux démonstrations.

Une bande engluée pour piéger les ravageurs

Membre d’un groupe Dephy et d’un groupe 30 000 – tous deux créés localement par le Bureau horticole régional (BHR) –, le lycée Angers Le Fresne constituait la première étape de cette journée.
L’occasion pour les participants de découvrir deux itinéraires techniques dans les nouvelles serres du site de formation.

Le premier itinéraire est axé autour de la régulation de la croissance des plantes par thigmomorphogénèse ou la mise en œuvre de stimuli mécaniques externes. Cette technique évite de recourir aux régulateurs de croissance. Au-delà, elle gêne aussi l’installation des ravageurs volants (thrips, aleurodes et cicadelles). « Dans notre essai, nous avons, en plus de la bâche, ajouté une bande jaune engluée sur le chariot d’arrosage. Cette technique a permis de piéger les ravageurs », relève Camille Detemple, en charge de la conduite.

Les promesses de l’aspiration

Sur le front des ravageurs, l’aspiration ouvre des perspectives également intéressantes. Au lycée Le Fresne, ce second itinéraire technique a été expérimenté sur une culture de thym en pleine terre, pour lutter contre la cicadelle thyphlocybine.
Dans cette expérimentation, « nous avons comparé deux nouvelles méthodes de lutte (par aspiration et par bande engluée) à un témoin », précise Éric Duclaud, directeur de l’exploitation horticole.
Pour baisser l’indicateur de fréquence de traitement (IFT), l’aspiration s’est révélée la plus efficace.
Plus généralement, « cette méthode est prometteuse et peut être extrapolée à d’autres cultures. Mais pour les plantes en pot, le système devra être amélioré et adapté à la culture en planches ».

L’engagement des entreprises

Le lycée Le Fresne n’est pas le seul à utiliser un aspirateur. Quelques entreprises – encore rares – ont adopté cette solution. C’est le cas de Floratemple, au Plessis-Grammoire (49), deuxième étape de cette « Rencontre alternative phytos ». Là, l’aspirateur a été fixé sur un cadre métallique monté sur roues. « Il est utilisé en routine depuis un an sur des plantes aromatiques, avec de bons résultats sur cicadelles », précise Benjamin Vachon, conseiller technique au BHR.

Anne Mabire

*Pour l’objectif 30 000 fermes engagées.